La mort, et après.
Ces deux jours ont eu lieu à Paris la rencontre annuelle de mon petit club de responsables pastoraux de grandes villes. On s'y retrouve entre amis : il y en a que j'ai connus au séminaire, puis à l'aumônerie étudiante, puis à la formation, et maintenant ils sont là. Chaque année, quelques-uns sont happés par l'épiscopat (le dernier en date étant Jean-Yves Nahmias, évêque auxiliaire de Paris, ça fait partie des choses qui donnent confiance dans l'Eglise).
Notre principal dossier portait sur la mort et la manière dont les rites funéraires se transforment en ce moment dans le milieu urbain. Il est loin, le temps où on mourait chez soi, avant de passer par l'église et de finir au cimetière. Les parcours funéraires partent de l'hôpital, vont vers les dépositoires, et se terminent au crématorium, avec pas mal de variantes, le détour par l'église étant désormais bien souvent un détail onéreux et encombrant. Beaucoup de questions se posent, du coup. Que devient la symbolique chrétienne de l'inhumation ? Quelle catéchèse sur la résurrection reste possible ? Les nouveaux parcours funéraires ne font-ils pas bon marché du temps indispensable au travail de deuil ? Est-il normal que des sociétés de Pompes funèbres aient la maîtrise de l'ordonnancement de cérémonies religieuses ? etc, etc.
Pour les amateurs et les gens curieux de savoir comment ça se passe aux USA : allez jeter un oeil sur Six feet under, la série US complètement déjantée qui se passe dans une entreprise familiale de Pompes funèbres.
mercredi 6 décembre 2006
dimanche 3 décembre 2006
Difficiles fidélités.
Enorme, sinon principale, difficulté rencontrée dans l'animation de groupes de jeunes (disons ados, mais cela va sans doute plus loin) : les engagements sont éphémères. Un rendez-vous pris ne l'est jamais vraiment : autre chose peut se présenter au dernier moment, pas forcément plus important mais présenté de manière plus pressante. Il faut re-confirmer, rappeler, et quelques minutes avant envoyer un sms sans lequel rien n'est jamais sûr.
Telle est la mésaventure advenue, la semaine dernière, aux animatrices du groupe de confirmands - pourtant pas bien vieilles : elles avaient prévu une réunion, à laquelle elles avaient invité quelqu'un pour parler des aumôneries de prison, et mon confrère de la paroisse voisine. Sur douze jeunes, deux seulement se sont présentés, presque aucun n'avait prévenu d'une absence.
La vie adolescente est fragmentée par une incroyable quantité de sollicitations, entre lesquelles un jeune est sommé de choisir alors qu'il n'en a pas forcément la possibilité (car poser des choix demande une maturité et une liberté qui ne s'acquiert qu'avec l'expérience). Les parents n'aident pas toujours à cela, lorsque, au lieu d'encourager à rester fidèle à un engagement pris, ils le remettent en cause : "Tu es bien sûr que tu veux aller à l'aumônerie ?", "Tu es certaine de vouloir préparer ta confirmation ?" De telles questions, certes, se comprennent dans le contexte actuel : rien ne va de soi, tout doit être objet de construction et de reconstruction. Mais ne faut-il pas agir de manière différente lorsqu'une personnalité est précisément en construction ?
Enorme, sinon principale, difficulté rencontrée dans l'animation de groupes de jeunes (disons ados, mais cela va sans doute plus loin) : les engagements sont éphémères. Un rendez-vous pris ne l'est jamais vraiment : autre chose peut se présenter au dernier moment, pas forcément plus important mais présenté de manière plus pressante. Il faut re-confirmer, rappeler, et quelques minutes avant envoyer un sms sans lequel rien n'est jamais sûr.
Telle est la mésaventure advenue, la semaine dernière, aux animatrices du groupe de confirmands - pourtant pas bien vieilles : elles avaient prévu une réunion, à laquelle elles avaient invité quelqu'un pour parler des aumôneries de prison, et mon confrère de la paroisse voisine. Sur douze jeunes, deux seulement se sont présentés, presque aucun n'avait prévenu d'une absence.
La vie adolescente est fragmentée par une incroyable quantité de sollicitations, entre lesquelles un jeune est sommé de choisir alors qu'il n'en a pas forcément la possibilité (car poser des choix demande une maturité et une liberté qui ne s'acquiert qu'avec l'expérience). Les parents n'aident pas toujours à cela, lorsque, au lieu d'encourager à rester fidèle à un engagement pris, ils le remettent en cause : "Tu es bien sûr que tu veux aller à l'aumônerie ?", "Tu es certaine de vouloir préparer ta confirmation ?" De telles questions, certes, se comprennent dans le contexte actuel : rien ne va de soi, tout doit être objet de construction et de reconstruction. Mais ne faut-il pas agir de manière différente lorsqu'une personnalité est précisément en construction ?
Nouveau voisinage.
Au presbytère, nous avons maintenant deux voisines: Emilie et Barbara sont étudiantes, et elles louent l'ancien appartement du curé qui est devenu lieu de vie communataire pour des jeunes en question sur leur vie. Le diocèse appelle ça Vocapass.
Hier soir, Pierre et moi sommes allés dîner chez elles. Entre autres choses, nous y avons parlé informatique. Apparemment ça ne les passionne pas : Barbara n'a pas d'ordinateur, et Emilie s'en passerait volontiers.
Sont-elles en retard, ou en avance sur leur temps ? Je me rends compte que c'est la première fois que je me pose la question. L'informatique est tellement devenu un prolongement de mon système nerveux que je n'arrive pas à imaginer ma vie sans ; les comportements nouveaux qu'elle génère sont-elles des mutations définitives ou de simples phénomènes de mode ? L'éphémère des relations qui accompagne l'explosion d'Internet, du portable, des sms, est-il appelé à durer ?
Au presbytère, nous avons maintenant deux voisines: Emilie et Barbara sont étudiantes, et elles louent l'ancien appartement du curé qui est devenu lieu de vie communataire pour des jeunes en question sur leur vie. Le diocèse appelle ça Vocapass.
Hier soir, Pierre et moi sommes allés dîner chez elles. Entre autres choses, nous y avons parlé informatique. Apparemment ça ne les passionne pas : Barbara n'a pas d'ordinateur, et Emilie s'en passerait volontiers.
Sont-elles en retard, ou en avance sur leur temps ? Je me rends compte que c'est la première fois que je me pose la question. L'informatique est tellement devenu un prolongement de mon système nerveux que je n'arrive pas à imaginer ma vie sans ; les comportements nouveaux qu'elle génère sont-elles des mutations définitives ou de simples phénomènes de mode ? L'éphémère des relations qui accompagne l'explosion d'Internet, du portable, des sms, est-il appelé à durer ?
samedi 2 décembre 2006

Prière(s).
Le geste de Benoît XVI, dans la mosquée bleue d'Istanbul, a marqué les esprits. Prière ? recueillement ? Il fallait avoir de bons yeux pour le dire... Un petit geste qui redonne envie d'entrer en dialogue, et que l'on espère un geste de réconciliation.
Un rabbin m'a confié un jour combien la question de la diffusion universelle du christianisme, par rapport à un judaïsme aussi confidentiel, l'avait taraudé. Jusqu'au jour où il s'était dit que, peut-être, le christianisme était le moyen que Dieu avait trouvé pour diffuser son message aux extrémités de la terre, sans renier la promesse faite à son peuple.
Et si - attention : c'est une hypothèse - l'Islam était, de la même manière, un moyen que Dieu avait trouvé pour parler de son Fils à des gens qui auraient refusé de l'entendre autrement ? C'est frappant de voir ce que dit le Coran sur Jésus, sur Marie. Frappant également, comme me le disait un jour le Père Claverie, de voir que les Musulmans ne vont pas jusqu'au bout de ce que leur dit leur Ecriture à ce sujet.
Pour aller plus loin : quelques pages de la revue Questions actuelles.
vendredi 1 décembre 2006

Une société juste.
Qu'est-ce qu'une société juste ? Telle est la question posée lors des Semaines sociales de France, qui ont cette année réuni 4000 participants. Quelques amis y étaient et m'en ont fait ce matin un compte-rendu enthousiaste. L'intervention de Dominique Voynet a été paraît-il la mieux ressentie des quatre "politiques" (les trois autres étant Michel Sapin, François Bayrou et l'inévitable Nicolas Sarkosy).
Voilà pas mal de décennies que les Semaines sociales, une invention jésuite, constituent une formidable force de propositions. Cette année, ils ont fait le bilan de ce qui, depuis vingt ans, avait été retenu de leurs idées : le nombre de textes législatifs et réglementaires inspirés par leurs réflexions est impressionnant.
Pour lire les Douze propositions pour une société plus juste, rendez-vous sur le site web de la dernière session ; les propositions seront envoyées aux candidats de l'élection présidentielle pour qu'ils y réagissent, et leurs réactions seront publiées au fur et à mesure. Tout le monde est d'ailleurs invité à participer au travail commun.
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