Nouveaux couples.
Il paraît qu'on commence à s'en inquiéter : de nombreux musulmans préféreraient le mariage religieux au mariage civil, ce qui contrevient à la loi française qui impose à un ministre du culte de ne célébrer des mariages qu'après le passage devant Monsieur le Maire.
Comment s'en étonner, alors que notre système juridique donne à penser qu'il y a désormais de multiples manières de vivre en couple : aux côtés du bon vieux mariage, l'union libre, le pacs, bientôt une forme d'union homosexuelle qui a déjà cours en de nombreux pays européens, en attendant d'autres contrats encore à inventer. J'ai encore en mémoire une phrase entendue au Conseil de l'Europe il y a deux ans : il n'est pas question pour l'Europe d'imposer un modèle familial unique. Et, lors des rencontres de préparation au mariage, la quasi-totalité des couples présents estime que le mariage civil n'est qu'une formalité barbante dont ils se passeraient bien, transformant les prêtres en défenseurs d'une institution qui était à l'origine dirigée contre eux. Dans de telles conditions, au nom de quel principe refuser aux unions religieuses ce qu'on a accordé à d'autres lobbys ?
samedi 9 juin 2007
vendredi 8 juin 2007
Deux Eglises ?
L'expression est sans doute trop forte. Mais elle correspond à l'expérience de tout curé de paroisse : il y a, parmi les fidèles, d'une part les pratiquants du dimanche, de l'autre les chrétiens qui se retrouvent en mouvement (action catholique, mouvements de jeunesse, aumônerie d'hôpitaux, services divers...). Ces deux mondes se rencontrent de moins en moins. A Saint-Apollinaire, si tous les enfants du catéchisme venaient à la messe le dimanche avec leurs parents, il n'y aurait plus de place dans l'église pour les pratiquants habituels ; et d'ailleurs, quand ils viennent, cela pose de problèmes car les places sont chères... Imaginons une célébration dominicale qui rassemblerait scouts, guides, enfants du caté, aumônerie, militants du Secours Catholique : l'Eglise en prendrait un sacré coup de jeune. Comment faire pour inviter à la messe tous ceux qui n'y viennent pas, et pour amener les habitués à accueillir ces "autres chrétiens", c'est-à-dire à leur faire toute la place dans des célébrations qui ne tiennent pas compte de leurs attentes ?
L'expression est sans doute trop forte. Mais elle correspond à l'expérience de tout curé de paroisse : il y a, parmi les fidèles, d'une part les pratiquants du dimanche, de l'autre les chrétiens qui se retrouvent en mouvement (action catholique, mouvements de jeunesse, aumônerie d'hôpitaux, services divers...). Ces deux mondes se rencontrent de moins en moins. A Saint-Apollinaire, si tous les enfants du catéchisme venaient à la messe le dimanche avec leurs parents, il n'y aurait plus de place dans l'église pour les pratiquants habituels ; et d'ailleurs, quand ils viennent, cela pose de problèmes car les places sont chères... Imaginons une célébration dominicale qui rassemblerait scouts, guides, enfants du caté, aumônerie, militants du Secours Catholique : l'Eglise en prendrait un sacré coup de jeune. Comment faire pour inviter à la messe tous ceux qui n'y viennent pas, et pour amener les habitués à accueillir ces "autres chrétiens", c'est-à-dire à leur faire toute la place dans des célébrations qui ne tiennent pas compte de leurs attentes ?
jeudi 7 juin 2007
Secrets et mensonges.
France Info diffusait hier la nouvelle en boucle : on peut maintenant détecter beaucoup plus tôt (après quelques semaines de grossesse) la trisomie 21 chez un foetus. Double avantage : une moindre culpabilisation des parents qui décideraient d'interrompre la grossesse, et un risque moindre pour le foetus. Le test est pratiqué depuis 2005 aux USA et devrait être autorisé en France.
On apprend ainsi, incidemment, ce que tous les médecins savent depuis fort longtemps, mais le secret était bien gardé : l'amniocentèse, pratiquée pour dépister la trisomie 21, présente un risque très élevé ; pour un cas détecté de trisomie 21, elle provoque la mort de deux foetus sains. Elle a un taux d'exactitude de 81% (donc 19% des foetus sont en réalité parfaitement sains).
On oublie de dire que ce dépistage n'a pas pour but de soigner la maladie : la solution qui est alors immédiatement évoquée (enfin, dans la plupart des cas) est le recours à l'interruption de grossesse. Il semble que rien ne soit fait pour aider les parents à faire face à une telle naissance, mais que l'attitude du personnel médical encourage à l'avortement.
Cette semaine est mort Maurice Abiven, un des pionniers des soins palliatifs dans notre pays. Je vous livre cette phrase de lui : "Je ne pense pas que ce soit un progrès, pour une société, de tenter de résoudre un problème auquel elle est confrontée... par le fait de donner la mort".
France Info diffusait hier la nouvelle en boucle : on peut maintenant détecter beaucoup plus tôt (après quelques semaines de grossesse) la trisomie 21 chez un foetus. Double avantage : une moindre culpabilisation des parents qui décideraient d'interrompre la grossesse, et un risque moindre pour le foetus. Le test est pratiqué depuis 2005 aux USA et devrait être autorisé en France.
On apprend ainsi, incidemment, ce que tous les médecins savent depuis fort longtemps, mais le secret était bien gardé : l'amniocentèse, pratiquée pour dépister la trisomie 21, présente un risque très élevé ; pour un cas détecté de trisomie 21, elle provoque la mort de deux foetus sains. Elle a un taux d'exactitude de 81% (donc 19% des foetus sont en réalité parfaitement sains).
On oublie de dire que ce dépistage n'a pas pour but de soigner la maladie : la solution qui est alors immédiatement évoquée (enfin, dans la plupart des cas) est le recours à l'interruption de grossesse. Il semble que rien ne soit fait pour aider les parents à faire face à une telle naissance, mais que l'attitude du personnel médical encourage à l'avortement.
Cette semaine est mort Maurice Abiven, un des pionniers des soins palliatifs dans notre pays. Je vous livre cette phrase de lui : "Je ne pense pas que ce soit un progrès, pour une société, de tenter de résoudre un problème auquel elle est confrontée... par le fait de donner la mort".
dimanche 3 juin 2007
Une simple transition familiale.
Plutôt que de rechercher la cause et d'identifier les responsabilités, il importe d'accompagner une transition familiale : c'est en ces termes que Dominique Perben, alors ministre de la Justice, exposait les principes qui devaient guider la réforme de la loi sur le divorce il y a trois ans de cela. C'est aussi cela qui nous vaut la Une du Bien Public de jeudi dernier, que je regrette d'avoir laissé filer avant de vous en avoir fait profiter.
Il faut, bien sûr, tout faire pour que les choses se passent le mieux possible. Mais à force de faciliter les procédures, on a fini par faire croire qu'une séparation était insignifiante : "Il est aujourd'hui aussi facile de divorcer que de se marier", se félicitait précisément l'avocat interrogé à ce sujet par le même Bien Public. Outre qu'il n'est pas si facile de se marier, il faut dire, redire, qu'un divorce est d'abord une grande souffrance que l'on doit s'efforcer d'éviter. Souffrance des enfants, souffrance aussi des conjoints, et en particulier de celui qui n'a pas voulu la séparation. Est-il vrai qu'il ne sert à rien d'identifier les responsabilités ? Si oui, alors c'est injuste. Il y a toujours, dans un divorce, quelqu'un qui paye les pots cassés. Un des deux qui est abandonné par l'autre et qui en souffre, parfois jusqu'à mourir (ce n'est pas une exagération).
En octobre, à Chalon-sur-Saône, aura lieu une rencontre sur la famille organisée par le conseil diocésain de solidarité. Un autre regard sera alors posé sur le divorce et ses conséquences, économiques (c'est toujours un apauvrissement des conjoints), sociales (voir à ce sujet l'excellente enquête de l'UDAF sur la vulnérabilité des familles), psychologiques.
Pour aller plus loin : le dossier de La Croix de l'an dernier, Le divorce, une épreuve pour chacun.
Plutôt que de rechercher la cause et d'identifier les responsabilités, il importe d'accompagner une transition familiale : c'est en ces termes que Dominique Perben, alors ministre de la Justice, exposait les principes qui devaient guider la réforme de la loi sur le divorce il y a trois ans de cela. C'est aussi cela qui nous vaut la Une du Bien Public de jeudi dernier, que je regrette d'avoir laissé filer avant de vous en avoir fait profiter.
Il faut, bien sûr, tout faire pour que les choses se passent le mieux possible. Mais à force de faciliter les procédures, on a fini par faire croire qu'une séparation était insignifiante : "Il est aujourd'hui aussi facile de divorcer que de se marier", se félicitait précisément l'avocat interrogé à ce sujet par le même Bien Public. Outre qu'il n'est pas si facile de se marier, il faut dire, redire, qu'un divorce est d'abord une grande souffrance que l'on doit s'efforcer d'éviter. Souffrance des enfants, souffrance aussi des conjoints, et en particulier de celui qui n'a pas voulu la séparation. Est-il vrai qu'il ne sert à rien d'identifier les responsabilités ? Si oui, alors c'est injuste. Il y a toujours, dans un divorce, quelqu'un qui paye les pots cassés. Un des deux qui est abandonné par l'autre et qui en souffre, parfois jusqu'à mourir (ce n'est pas une exagération).
En octobre, à Chalon-sur-Saône, aura lieu une rencontre sur la famille organisée par le conseil diocésain de solidarité. Un autre regard sera alors posé sur le divorce et ses conséquences, économiques (c'est toujours un apauvrissement des conjoints), sociales (voir à ce sujet l'excellente enquête de l'UDAF sur la vulnérabilité des familles), psychologiques.
Pour aller plus loin : le dossier de La Croix de l'an dernier, Le divorce, une épreuve pour chacun.
vendredi 1 juin 2007
Ce qui ne se voit pas.
A l'occasion d'un travail demandé par le CCFD sur le don, je tombe sur la phrase suivante : "le don est socialement invisible". Dans un monde où tout doit pouvoir se mesurer, se compter, évidemment on ne peut pas prendre en compte le don de soi, puisqu'il ne s'agit que de gratuité.
Une des très grandes chances de la vie de prêtre : voir ce qui ne se voit pas. D'une certaine manière, c'est ce qui relie entre eux chacun des posts de ce blog : de la fenêtre du presbytère, la réalité du monde est bien différente de ce qu'on en voit à travers d'autres lucarnes (par exemple, la télévision).
A l'occasion d'un travail demandé par le CCFD sur le don, je tombe sur la phrase suivante : "le don est socialement invisible". Dans un monde où tout doit pouvoir se mesurer, se compter, évidemment on ne peut pas prendre en compte le don de soi, puisqu'il ne s'agit que de gratuité.
Une des très grandes chances de la vie de prêtre : voir ce qui ne se voit pas. D'une certaine manière, c'est ce qui relie entre eux chacun des posts de ce blog : de la fenêtre du presbytère, la réalité du monde est bien différente de ce qu'on en voit à travers d'autres lucarnes (par exemple, la télévision).
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