samedi 8 mai 2010

Quelle menace, au juste ?

La semaine dernière, une vingtaine de jeunes de collège se retrouvaient à la paroisse pour préparer leur profession de foi. Qui dit "profession de foi" dit évidemment affirmation de convictions religieuses. Et là, la discussion s'enflamme : de l'avis de tous ceux qui sont présents, il est interdit d'aborder cette question dans l'enceinte de l'établissement. Le principal obstacle, c'est bien sûr l'attitude des copains qui se moquent. Mais il en est un autre : celle des enseignants, qui exigent que disparaisse absolument tout signe d'appartenance religieuse, aussi discret soit-il. On demande donc aux élèves de dissimuler médailles de baptême et petites croix portées en souvenir de la grand-mère qui les a offertes ; inutile de préciser que cela n'est pas exigé pour les signes du zodiaque de plus en plus souvent arborés par les innombrables convaincus des horoscopes. Par contre, il est utile de rappeler que ces exigences sont contraires à la loi et à sa circulaire d'application, qui autorisent absolument les signes religieux discrets.

A l'intolérance des jeunes fait donc pendant celle des adultes, qui préparent ainsi l'intolérance de la société de demain. Quoi de plus naturel, en effet, que de faire de l'école l'atelier dans lequel se prépare l'avenir de notre vivre ensemble ? Un jeune père de famille, baptisé il y a trois ans, me confiait son inquiétude pour sa petite fille, pas encore scolarisée : "Je ne veux pas qu'elle ait honte, plus tard, d'être baptisée". C'est pourtant la situation dans laquelle se trouvent, hélas, bien des jeunes scolarisés aujourd'hui dans l'enseignement public.

Ce qu'en pense l'association des maires de France.

10 commentaires:

Wolfram a dit…

Même de limiter l'acceptation aux signes "discrets" est contraire à la loi, car porter des signes religieux fait partie de l'exercice de la religion, dont la liberté est garantie par la loi de décembre 1905, et l'entrave à cette liberté est menacée de peines lourdes. Seulement, comment condamner au sens pénal un parlement pour une loi illégale, ou un ministre pour une circulaire illégale ?

Philippe a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Emmanuel Pic a dit…

@ Polydamas : désolé, votre dernier commentaire a disparu lors de la mise à jour...

do a dit…

pour le voile, ça me choque, parce que je pense que les filles qui le portent le font pour une raison tout d'abord de pudeur, et pas de religion, comme d'autres vont éviter les strings ou les Tampax.

Je trouve qu'on attente là à leur pudeur, et que c'est grave. Mais c'est symptomatique, car la société laïciste éloigne la femme des valeurs intérieures, et particulièrement de la pudeur, comme elle tend à inciter tous les jeunes à une sexualisation de plus en plus précoce. En somme, on ne se rapproche de la laïcité que parce qu'on s'éloigne de la religion. C'est à mon avis une très mauvaise direction.

A laquelle je préfère le dialogue inter-religieux (incluant les athées): ma propre grand-mère, à la campagne, portait un "fichu": ce qui prouve bien qu'on peut s'entendre entre chrétiens et musulmans plus facilement qu'entre athées et le reste du monde. Tant que l'athéisme ne sera que la négation de la religion, et non pas une philosophie construite sur ses valeurs propres, il ne fera que'entraver ceux qui n'en sont pas.
Comme le disait JP II (ou Ben... je ne sais plus): "ceux qui considèrent les religions comme des sous-cultures sont inaptes au dialogue avec les cultures".

Heureusement pour nous, chrétiens, Jésus ne nous a donné qu'un signe ostentatoire obligatoire: "c'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples": que ces lois imbéciles soient l'occasion de le mettre d'autant plus en pratique!

(NB: dans "aimez-vous les uns les autres", le plus dur, c'est "les autres", comme le répète inlassablement le pasteur C Payan)

Anna a dit…

Comme quoi, les temps changent... Il y a vingt ans, c'était moi la bête curieuse, la seule de ma classe qui n'était pas baptisée. Je trouve ces réactions de rejet très con, dans un sens comme dans l'autre.

Paul a dit…

Emmanuel,

J'ai suivi avec intérêt ton intervention sur la tv dijonnaise !

Je suis toujours surpris que les religions soient considérées comme une menace potentielle pour l'ordre public.. alors que bien souvent les seuls heurts sont le fait des ultralaïcistes.

Pour moi, la religion est privée... mais pas au sens de "intime" (même si ma foi comporte clairement une dimension intime), mais dans le même sens qu' "entreprise privée".

Une entreprise privée l'est parce que l'état ne se mêle pas de ce qu'elle peut bien faire, dans la limite de quelques règles. Mais une entreprise privée intervient chaque jour dans l'espace public !

Pourquoi la religion "privée" devrait-elle se voir refuser cette présence ?!

La laïcité est, pour moi, une protection des individus contre un état -très interventionniste- qui pourrait être tenté de vouloir définir mon bonheur à ma place.

La stricte séparation vient aussi de ce que les religions, par leur statut moral, ont naturellement prétention à définir des normes sociales (ex. législation contre l'euthanasie), à intervenir dans le politique.

Pour sortir de cette impasse, je crois qu'il faudrait que nos revendications politiques tiennent plus de l'exécutif que du législatif (par ex: demander un revenu garanti pour les mères célibataires et non exiger l'interdiction pure et simple de l'IVG - quand bien même celle-ci serait légitime)

Dominique de terminale a dit…

Jamais ce texte n'a été communiqué dans les établissements scolaires... où alors si peu entouré de publicité qu'on préfère en faire une lecture partielle... C'est étrange d'en avoir connaissance ici, mais on voit que le niveau d'échange y est tolérant et intelligent.

Ce qui me choque, c'est de réduire la laïcité a une valeur négative, voire sulfureuse ou anticléricale (elle ne le fut qu'à l'émergence de la loi de 1905, et paradoxalement pas par la totalité du clergé de l'époque...) alors qu'elle est par essence tolérance et respect.

Mais au nom de la laïcité, je m'attends à ce que bientôt, on demande à l'éducation nationale de faire de l'histoire DES religions...

Et dernière chose, pour avoir l'heure, je préfère de loin porter un bracelet-montre plutôt qu'une horloge comtoise... voilà, ce qui peut être ostentatoire, en la matière...

Anonyme a dit…

L'anticléricalisme est une tradition dans les lycées et collèges publics de notre douce France, c'est peut être pour cela que l'enseignement privé a toujours eu autant de succès .Rien de nouveau en comparant avec ce que j'ai vécu il y a quelques décennies . Pas de panique , bientôt la Pentecôte . MADO

Emmanuel Pic a dit…

@ Mado : j'ai les mêmes souvenirs que vous ! Dans les années soixante-dix, les instituteurs ne se gênaient pas pour faire état de leur anticléricalisme. La différence, c'est qu'alors, nous allions tous au catéchisme, alors quelque part cet anticléricalisme pouvait apparaître comme un encouragement à l'esprit critique. Aujourd'hui, seuls deux ou trois par classe, au mieux... Et l'instituteur lui-même ne connaît l'Église que par ouï-dire. Plus d'esprit critique donc, mais de la pure calomnie.

Anonyme a dit…

<> Déjà Néron rendit les chrétiens responsables du grand incendie de Rome en l'an 64 . Alors ils furent jetés aux lions ou crucifiés.Quand il n'y aura plus un seul chrétien sur terre, il n'y aura plus d'accusateurs .Mais cela n'empêchera pas la Venue du Christ en Gloire . Maranatha ; Vivons dans l'Espérance. MADO