samedi 31 mai 2008

Histoire de France


Raconté cette semaine par une amie institutrice en primaire.

Pas facile d'intéresser les enfants à l'histoire, même si les livres sont très bien faits. Mais parfois, ils accrochent très facilement.

C'était le cas le jour où la prof a raconté l'histoire de Jeanne d'Arc, petite jeune fille de 13 ans (guère plus que des enfants de CE2), partie sauver la France parce qu'elle avait entendu des anges le lui demander.

" Mais alors... Dieu existe ?"
"Les anges, c'est vrai ?"
"C'est vrai mdame, cette histoire ?"
"Et Jésus, il a vraiment existé ?"

Elle a été vite débordée. Comment, dans le cadre si strict de la laïcité, traiter de cette histoire en respectant l'indispensable neutralité ? Comment répondre aux questions qu'elle a suscitées, sans avoir l'air de mettre en avant ses convictions à elle ?

jeudi 29 mai 2008

Dialogue ?

Jeudi dernier, deuxième rencontre au café théologique du Shanti (ce bar dijonnais du bout de la rue Berbisey, dont on ne saurait trop vous recommander la fréquentation). J'étais cette fois le seul catholique, enfin le seul catholique à le revendiquer. Autour de la table (nous étions une trentaine) : quatre musulmans, et une majorité d'anciens catholiques, convertis au bouddhisme et à l'hindouisme, certains faisant état de leur déception vis-à-vis de la confession dans laquelle ils avaient été élevés, et professant les avantages de leurs convictions de néophytes.

Le bouddhisme et l'hindouisme sont-ils seulement ce qu'on croit (des philosophies idéales, prêchant non-violence et réconciliation intérieure) ? Si c'était le cas, il n'y aurait pas d'églises brûlées par on ne sait qui en Inde, et le régime birman, dont les chefs d'État prennent conseil auprès de religieux, aurait accueilli à bras ouverts l'aide internationale...

C'est la fête !


Ce matin, la bouteille de bière vide sur les marches de l'église témoigne de l'intense activité nocturne que la place Wilson a retrouvée avec le retour des beaux jours. Sous le kiosque, des packs, des débris de verre ; les poubelles autour du jet d'eau vomissent leurs canettes. La police, alertée toutes les nuits, se contente de répondre : "Nous sommes au courant", et intervient de temps en temps pour... pour quoi faire au fait ?

Ils sont des dizaines, parfois des centaines de jeunes, très jeunes, à se rassembler la nuit autour des cracheurs de feu et des jumbees. En descendant la rue Chabot-Charny, ils se sont arrêtés pour faire le plein à l'épicerie de nuit. Le jet d'eau illuminé, les éclairages qui durent toute la nuit, les invitent à se rassembler ici pour faire la fête. Ce ne sont pas des marginaux, mais les élèves de Carnot, de Notre-Dame, les enfants des bonnes familles du centre de Dijon. Après 23heures, certains d'entre eux ne tiennent plus debout ; de ma chambre, je les entends hurler et se battre.

L'alcoolisme des jeunes : une grande cause nationale à défendre ?

Pour aller plus loin :
Un article de "Psychologie magazine"
L'alcool, première cause de décès chez les jeunes européens.

mercredi 28 mai 2008

Espérance (suite)

Nombreuses réactions suites au billet sur l'espérance posté ce 15 mai.

Pourquoi les jeunes Français paraissent-ils aussi désespérés, en comparaison des autres pays et bien qu'ils fassent partie des rares populations extrêmement favorisées de la planète ?

Je me risque à une explication : c'est que notre pays est touché, plus que d'autres, par le désenchantement du monde annoncé au siècle dernier par Max Weber. Il est le premier en Europe, et le seul à persister dans cette voie, à avoir donné à la modernité - rupture avec le passé, critique radicale de la religion - une expression politique, qui persiste aujourd'hui sous la forme particulière de laïcité que nous connaissons ; et qui se manifeste par une volonté, affirmée publiquement dans de nombreux milieux et parfois même utilisée comme un argument politique, de réduire la vie religieuse à l'espace purement privé. Cette volonté pouvait se comprendre lors de la première affirmation de la modernité, où il s'agissait de sortir d'un religieux omniprésent. Elle ne saurait se justifier aujourd'hui, car nous sommes plongés dans une seconde modernité, qui critique les institutions créées en remplacement du monde précédent : école, famille, Etat... La religion que critiquent les intégristes de la laïcité est morte.

En cette seconde étape des temps modernes, à chacun de se construire son propre système de valeurs, ses convictions et, en dernière analyse, sa destinée. Un tel effort n'est possible que pour ceux qui ont la chance de pouvoir s'appuyer sur des bases solides, sur une éducation qui leur permet d'aller de l'avant. La foi chrétienne est ainsi un bagage précieux pour ceux qui l'ont reçue. Décourager des jeunes de la vivre n'est pas un service à rendre à la société.

dimanche 18 mai 2008

De concert en concert...

Ca continue : cet après-midi, concert de musique sacrée (des motets de Monteverdi, de Schütz et de Lotti), par un ensemble qui ne fait pas assez parler de lui : Polyphonia, une douzaine de voix et un théorbe, c'est la première fois que je voyais ce truc-là, une guitare avec deux manches côte à côte. Et il ne faut que deux mains pour en jouer. Et c'est très, très joli, à voir et à entendre.

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samedi 17 mai 2008

Premier concert.

Jeudi soir à Saint-Pierre : concert de l'école de musique de Dijon (EMOHD pour les amateurs de sigles). C'était le premier de la saison, avant un autre dimanche à 16h (l'ensemble de musique sacrée Polyphonia), et en juin une classe du conservatoire.

Avis aux promeneurs du soir : à Dijon, au printemps, c'est facile de tomber par surprise sur un concert, dans une église ou une salle municipale... Entrer, s'asseoir, se laisser aller.
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vendredi 16 mai 2008

L'avenir de nos églises.

La conférence des évêques de France se penche avec une certaine inquiétude sur l'avenir de nos églises : les petits villages qui en sont propriétaires vont-ils continuer à les entretenir, leurs ressources déclinant du fait d'une démographie défavorable ?

C'était ce matin le sujet d'une réunion présidée par l'évêque, chargé d'une mission sur ce sujet par ses confrères. L'un d'entre nous disait que, dans certains des microscopiques villages dont il est le curé et dans lesquels l'église est rarement ouverte, le problème est plus vaste encore : la population est si faible que le maire est davantage nommé qu'élu... et, acceptant par résignation la mission qui lui est confiée, laisse tomber en ruines la mairie... Alors, l'église, vous comprenez...

jeudi 15 mai 2008

L'espérance ?


Une enquête de janvier 2008 sur la perception que les 16-29 ans ont de leur avenir donne des résultats effrayants : seulement 26% des jeunes Français pensent que leur avenir est prometteur (63% des jeunes Américains et des jeunes Danois), 27% pensent avoir un bon travail dans l'avenir (60% des Danois), 20% ont un regard positif sur la mondialisation... et 11% sont prêts à payer pour les personnes plus âgées.

Pourquoi notre pays est-il à ce point touché par une telle désespérance ?

Source : enquête de la Fondation pour l'Innovation Politique de janvier 2008 - Télécharger ici l'intégralité de l'étude.

mardi 6 mai 2008

Le sacré dans l'art



Une expo qui vaudra le détour :

Traces du Sacré
au Centre Pompidou à partir du 7 mai

ou comment l'art moderne est né, en partie, du désenchantement du monde et du désir d'artistes d'exprimer d'une manière renouvelée le sacré dans un monde sans Dieu...

samedi 3 mai 2008

Etre la sans être là.

Ascension : Jésus n'est plus là ; mais il reste présent.

Comment est-ce possible ?

Etre là et être présent, ce n'est pas la même chose. Ça nous arrive à tous d'être quelque part sans être présents. A la messe, ça se voit tout de suite : certains sont là mais ne sont pas présents, récitent leurs petites prières, se font leur petit cinéma...

Avec Jésus, c'est le contraire : il n'est pas ici, ni là, aucun doute là-dessus. Mais il est bien plus présent que nous à tout ce que nous vivons.