mercredi 9 juillet 2008

A propos de l'arrivée d'un abbé congolais

L'abbé José, ressortissant de la République démocratique du Congo, est donc arrivé pour son service pastoral dans le diocèse de Dijon. Il avait déposé sa demande de visa en mai 2007. Il a fallu qu'on alerte deux conférences épiscopales, un nonce apostolique et un ambassadeur de France pour que les services consulaires français daignent, au bout de six mois, lui apporter une réponse (qui consistait à réitérer sa demande... Qu'était donc devenue la première ?)

Puis, l'attente avait recommencé. Pendant ce temps, d'autres congolais obtenaient le précieux visa. Pourquoi eux et pas lui?

Le diocèse a donc tenté une ultime démarche, cette fois en faisant jouer des relations personnelles (quelqu'un qui connaît dans un ministère quelqu'un qui, etc). On a su alors que le visa était prêt depuis plusieurs mois et que l'abbé aurait dû venir le chercher, mais qu'on n'avait pas de nouvelles de lui.

C'est bizarre : car José est allé plusieurs fois à l'ambassade, a rencontré la personne qui était sensée suivre son dossier, sans que rien ne lui ait jamais été dit ni signifié par écrit.

Bon, je le dis sans ambages : on aurait eu affaire à des fonctionnaires congolais (ou algériens, ou je ne sais quoi), tout le monde aurait compris qu'il fallait être plus complaisant, enfin compréhensif quoi, vous voyez ce que je veux dire : si vous voulez votre visa, allez quoi, soyez gentils. Comme il s'agit de fonctionnaires français, on se perd en conjectures. Inutile en tout cas d'espérer qu'une enquête un peu sérieuse sera faite pour comprendre ce qui s'est passé : des Français, tout de même !

Au passage et pour terminer ce petit billet de mauvaise humeur : dimanche a été ordonné prêtre Joseph Maï, vietnamien, à Dijon. Sa maman n'a pu obtenir le visa pour se rendre à l'ordination.

Vous en voulez une autre ? W.., citoyen péruvien, se trouve à Dijon. Il a invité sa maman à le rejoindre pendant les vacances, qu'il passe en compagnie du reste de sa famille (son père est français). La maman s'est vu refuser le visa sans explication.

3 commentaires:

OliD a dit…

C'est de l'immigration choisie. Le choix, c'est qu'il n'y a pas d'immigration. Enfin là, c'est pas vraiment de l'immigration, donc c'est du tourisme choisi : quand les gens viennent de pays pauvres, c'est louche ; ils ne doivent pas avoir assez d'argent pour consommer donc il n'y a pas besoin de les choisir. Et puis fais gaffe parce qu'on pourrait aussi passer à l'émigration choisie pour ceux qui ne sont pas contents !

Anonyme a dit…

Je ne pense pas que le problème se situe seulement à ce niveau. Chaque consulat ne peut pas distribuer un trop grand nombre de visas. Il faut donc faire un choix parmi les demandeurs. Le découragement est le premier moyen de sélectionner : on vous fait languir, on vous traite de façon humiliante (nombreux témoignages à ce sujet), on vous fait tourner en bourrique en demandant un document, puis un autre, en vous demandant de réitérer votre demande sous des prétextes obscurs. Et bien sûr, il y a LE sujet tabou : celui des "cadeaux". Ce n'est pas parce qu'un fonctionnaire est français qu'il est moins corruptible qu'un autre. Or, quand on veut quitter son pays, tous les moyens sont bons pour obtenir le précieux sésame.

Daniel Fattore a dit…

Quand on voit comment on est reçu dans certaines ambassades et consulats de pays qui se prétendent pourtant civilisés... vous ne m'étonnez qu'à moitié. Hélas, Monsieur l'Abbé, pour les cas que vous mentionnez.