lundi 26 octobre 2009

Le coin du voile.


Quelques interventions de personnages publics, une mission d’information parlementaire, et voilà comment on recycle un sujet déjà vu quelque part : le voile islamique est de retour, dans sa version hard de burqa – ou de niqab. Peut-être les avez-vous croisés sur les trottoirs de votre cité, ces grands fantômes asexués, aux formes dissimulées sous un épais voile de drap sombre. En-dessous, paraît-il, se cache une femme. A leurs côtés, souvent, marche un homme barbu, coiffé de l’inévitable calotte blanche. Combien sont-elles ? Quelques centaines ? Des milliers ? Des dizaines de milliers en puissance ? Sont-elles une menace pour la démocratie ? Pour les droits de l’homme, ou plutôt de la femme ? Faut-il les prier de revêtir une tenue plus conforme à nos canons occidentaux – si tant est que de tels canons existent encore ? (...)

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6 commentaires:

Dominique de terminale a dit…

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-06-19/burqa-niqab-hidjab-les-differents-voiles-islamiques/920/0/354180

Une polémique de plus ou une agitation de bocal ? On a récemment brandi la possibilité de légiférer à ce propos, ce qui a alimenté les entretiens médiatisés des opposants ou des sympathisants…

Quelques anecdotes :
lors d’une fête de fin d’année se déroulant dans une école « libre » (c’est-à-dire confessionnelle), affichant résolument des pratiques « chrétiennes » catholiques, on a pu voir une mère d’élève « voilée » (en fait, il ne s’agissait que d’un foulard noué de façon à cacher complètement la chevelure et le cou, le visage restant apparent) ;
alors que je m’étais rendu au lycée Carnot pour consulter la liste des admis au baccalauréat, une ou deux jeunes filles, à proximité de l’établissement, portaient les mêmes « voiles » (foulards noués) ;
hier, alors que nous attendions pour des examens médicaux avec l’un de mes fils, une femme, nantie cette fois-ci du niqab, arriva dans la salle d’attente…

Quelles réflexions m’inspirent ces constats ?
Dans la presse comme dans les radios ou télé, on s’empressa de donner la parole aux officiels (ministres de l’intégration, de la condition féminine, etc.) dont les propos étaient visiblement modérés par une certaine prudence mais fermes (à égalité quasi parfaite entre ceux qui veulent légiférer et ceux qui ne veulent pas, « le voile étant « intentatoire » à toute liberté féminine et preuve de son asservissement. On convia de même des officiels de la religion musulmane, de façon à éclaircir les positions (1)

Quelques penseurs d’autorité dirent aussi leur point de vue…
Finalement, à interroger les intéressées elles-mêmes, ou celles qui veulent bien répondre…(ce qui jettent un doute immédiat sur leur représentativité objective), elles prétendent qu’elles assument en toute liberté leur choix, que c’est une façon de vivre leur foi.
J’entends bien, mais n’y a-t-il pas là, la « consécration » de l’individuel y compris dans le domaine religieux ? Or, la « pratique religieuse » n’est-elle pas celle de l’assujettissement à la règle, qui devient norme, et donc de la négation de soi?

Me R. Badinter, ancien Garde des Sceaux, s’est exprimé plus philosophiquement à ce sujet : se cacher, se dissimuler, c’est s’extraire de la société, c’est vouloir ne pas être reconnu… c’est donc refuser tout dialogue.

Au-delà du simple fait sécuritaire, il y a effectivement plus grave que le refus ou la proclamation prosélyte de l’expression d’une foi.
Il y a l’aveu d’une ambigüité sur laquelle on joue entre provocation et respect de la liberté individuelle. Il faut se rendre compte que cacher attire davantage le regard, attise la convoitise bien plus efficacement qu’un visage découvert, exacerbe le mystère, l’originalité ou l’exotisme s’y mêlant.
Alors que faire ? Une loi rigidifierait et augmenterait les positions… Cela nous renvoie en fait à chacun d’entre nous : quel est mon sentiment intime, et comment simultanément faire preuve de compréhension, de respect et de maintien de son propre espace ? Eh ! bien en se forçant à la plus profonde inattention, puisqu’au fond cette dissimulation ne signifie rien d’autre que « regardez-moi, comme je suis différente… »

(1)
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/20090620.FAP9586/burqa_le_cfcm_oppose_a_la_mise_en_place_dune_commission.html


Et sans aucune relation:
les Amis de l'orgue
de Sainte Chantal de Dijon

sont heureux de vous inviter

au concert



Dimanche 15 novembre 2009 à 17h

Triptyca

Françoise Masset, soprano
Jean-Christophe Clair, contre-ténor
Pascal Marsault, orgue

Les Angélus

Un siècle de musique sacrée française pour voix et orgue
(1850 – 1950)

Eglise Sainte Chantal, Avenue Eiffel, Dijon
Pré-vente Boutique Harmonia Mundi, rue Piron, Dijon Plain tarif 10 €, Tarif réduit (adhérents, chômeurs, étudiants
et scolaires de moins de 16 ans) 5 €

Bashô a dit…

Si le problème de la burqa et plus généralement le problème de la laïcité vous intéresse, je vous conseillerais de fréquenter le blog de Jean Baubérot : http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/ (sa dernière note est une retranscription de son intervention devant la commission mais toutes les notes sur l'histoire de la laïcité sont à lire comme celle sur Jules Ferry et l'autre sur la laïcité s'est-elle imposée par la violence). Et aussi le blog de Kintzler qui a une approche plus philosophique de la laïcité et est une "Républicaine" par exemple cette note: http://www.mezetulle.net/article-32952241.html
Je terminerai le commentaire sur une remarque marginale. S'il est vrai que refouler outre-mesure les religions encouragera à coup sûr des pathologies comme le fondamentalisme, je ne suis pas sûr qu'une pleine présence dans la sphère publique encouragerait per se l'usage de la Raison. L'histoire des religions nous l'enseigne amplement.

Sylvie a dit…

Un très grand merci!!!
J'aurais pu passer à côté du concert à Ste Chantal: Françoise Masset est une très bonne amie, on était en classe de chant ensemble au Conservatoire de Douai.
Allez l'écouter:moi,elle m'émeut toujours et un plus,c'est une fille extra!

Dominique de terminale a dit…

Merci pour l'encart dans les rendez-vous... (mais une coquille s'est glissée, le concert a lieu à 17h... et non à 1h...)

Raphaël Zacharie de Izarra a dit…

VIVE LE VOILE ISLAMIQUE !

Symbole de soumission féminine à une cause archaïque pour les uns, ornement vestimentaire pour les -rares- oiseaux d'envergure dont je fais partie, le voile islamique (que personnellement j'associe au voile marial d'un point de vue esthétique) empêche ses détracteurs de dormir pour la simple raison que, par-delà les prétextes politiques et culturels invoqués, le voile signe l'honnêteté de la femme bien éduquée qui le porte.

La vertu d'une femme de nos jours est considérée comme une régression, une sorte d'attachement pathologique à des valeurs périmées, tant notre "progrès moral" a été bêtement associé à la liberté de faire tout et n'importe quoi.

Nos femmes dévoyées par les chantres de la débauche devraient être jalouses de la dignité de leurs soeurs musulmanes.

Et de leur force de caractère.

Le voile (librement choisi, cela va sans dire) est le dernier rempart de la culture musulmane contre les agressions morales du monde. Les femmes voilées non seulement sont dignes, mais aussi courageuses. J'admire, autant sur le plan esthétique que moral, les femmes qui décemment se couvrent afin de ne point offenser le Ciel en excitant les mâles de la Terre -faibles par nature- avec leurs appas.

Ce voile de pudeur sur leur corps, leur visage, est une seconde peau, chaste, qui honore leur âme.

Le voile non seulement garantit leur vertu mais encore les pare comme des princesses. Artifice sobre des femmes bien élevée, le voile islamique agit comme l'écorce saine du pin : il repousse la mollesse, le vice, la puanteur et attire les hommes de bien. Les premiers trouvent le voile rude, âpre, austère, voire grotesque. Pour les seconds, il est la plus noble des bures...

L'homme sans goût préfère la fanfreluche à la parure monacale et c'est pourquoi il raille le voile islamique, tandis que l'ami des Arts affectionne l'expression noble des mœurs féminines.

Le voile islamique est un signe de grande classe féminine.

Raphaël Zacharie de IZARRA
raphael.de-izarra@wanadoo.fr

casilix a dit…

Autant je me contrefiche de ce que les gens décident de porter sur leur tête (voile, foulard , kippa, ...) autant le niqab est pour moi une véritable agression personnelle que je déconnecte totalement et de la religion et des questions d'égalité de la femme...A l'extrème, peu m'importe les motivations de celles qui le portent ou, le cas échéant de ceux qui le forcent à le porter. Ce que je ressent, c'est un immense mépris à mon égard : je suis à ce point dangereux, pervers, impur et corrompu que même me montrer un regard serait un attentat à la pudeur ? notre societé (donc moi aussi) est tellement mauvaise, qu'il faut s'en extraire et cacher son identité ? Et qui peut dire qui se cache sous le niqab ?! Autant le voile y compris couvrant une partie du visage me parait acceptable ou du moins compréhensible autant l'absence total de regard m'est insupportable et aggressive et incompréhensible voire incohérente...si le "monde" est à ce point insupportable, pourquoi ne pas s'en retirer et vivre reclus...comme ça il n'y aurait plus aucun danger de croiser le regard d'être humains totalement dévoyés...comme vous et moi!
Et comme dirait un de mes amis à l'esprit fatécieux : "le niqab, pour moi, ça a exactement l'effet inverse à celui désiré : quand je croise tous les jours dans les rues, je les "vois" à peine, quand j'en croise une en Niqab, je ne peux pas m'empêcheer de me demander quelle beauté se cache dessous ...;_)))