dimanche 3 juin 2007

Une simple transition familiale.

Plutôt que de rechercher la cause et d'identifier les responsabilités, il importe d'accompagner une transition familiale : c'est en ces termes que Dominique Perben, alors ministre de la Justice, exposait les principes qui devaient guider la réforme de la loi sur le divorce il y a trois ans de cela. C'est aussi cela qui nous vaut la Une du Bien Public de jeudi dernier, que je regrette d'avoir laissé filer avant de vous en avoir fait profiter.

Il faut, bien sûr, tout faire pour que les choses se passent le mieux possible. Mais à force de faciliter les procédures, on a fini par faire croire qu'une séparation était insignifiante : "Il est aujourd'hui aussi facile de divorcer que de se marier", se félicitait précisément l'avocat interrogé à ce sujet par le même
Bien Public. Outre qu'il n'est pas si facile de se marier, il faut dire, redire, qu'un divorce est d'abord une grande souffrance que l'on doit s'efforcer d'éviter. Souffrance des enfants, souffrance aussi des conjoints, et en particulier de celui qui n'a pas voulu la séparation. Est-il vrai qu'il ne sert à rien d'identifier les responsabilités ? Si oui, alors c'est injuste. Il y a toujours, dans un divorce, quelqu'un qui paye les pots cassés. Un des deux qui est abandonné par l'autre et qui en souffre, parfois jusqu'à mourir (ce n'est pas une exagération).

En octobre, à Chalon-sur-Saône, aura lieu une rencontre sur la famille organisée par le conseil diocésain de solidarité. Un autre regard sera alors posé sur le divorce et ses conséquences, économiques (c'est toujours un apauvrissement des conjoints), sociales (voir à ce sujet l'excellente enquête de l'UDAF sur la vulnérabilité des familles), psychologiques.

Pour aller plus loin : le dossier de La Croix de l'an dernier, Le divorce, une épreuve pour chacun.

6 commentaires:

Claude Chauby a dit…

Vouloir mettre un point final aux questions relatives aux divorces et partant à la "famille" est sans doute l'une des plus grandes hypocrisies de notre époque. La cause se doit d'être entendue sans tentative de réflexions: la liberté de chacun est le seul impératif dont il faut tenir compte et puis, c'est du domaine de la vie privée... alors, circulez, tous les ringards qui ne comprennent rien à la modernité, tous les empêcheurs d'aimer, il n'y a rien à voir, à dire, à faire.
Témoin dans mon entourage comme simple citoyen et dans mes engagements auprès des plus démunis, je suis attéré de constater qu'on accepte de voir grimper le pourcentage des "familles monoparentales" avec le cortège de situations précaires que cela implique (homme,femme,enfants, ...) sans en reconnaître sinon l'origine, du moins un facteur aggravant, à savoir les ruptures de liens et de relations.
Xavier Lacroix alimente notre recherche par ses ouvrages sur la famille, le corps, les genres, et en particulier le dernier, chez Bayard "De chair et de parole, fonder une famille".
Il y a place pour une parole ni moralisatrice, ni culpabilisante, mais plus proche des réalités, de l'égale dignité des personnes, de l'éclairage dont une société a besoin pour avancer.

furgole a dit…

Vous avez raison, Monsieur le Curé,

Tous, nous devons nous insurger de cette vision du conjoint et des enfants "produits jetables" comme d'autres.
Combien de ces "familles recomposées" ne sont -elles pas déjà en état de décomposition avancée ?
Voilà l'un des multiples domaines où les catholiques doivent faire entendre leur voix discordante, avec charité, comme vous le faites si bien.

Anonyme a dit…

Vous dites qu'il est facile de divorcer. Je n'en crois rien.
En France le divorce est judiciaire et nécessite que chaque partie ait son propre avocat pour des raisons tout à la fois déontologiques (difficile de défendre deux adversaires de manière totalement impartiale) et aussi (reconnaissons le) bassement corporatistes (il faut bien que tout le monde vive dans le barreau). La procédure qui peut être longue est totalement déshumanisante et antagonise les anciens partenaires. Outre les émoluments des avocats et autres auxiliaires de justice il faut prévoir les coûts engendrés par la séparation puis les frais de notaire (liquidation du régime matrimonial et partage de la communauté). Enfin après le divorce les vrais problèmes commencent : garde des enfants etc....
Etonnez-vous après cela que baucoup de jeunes renoncent à se marier ; la séparation amiable de couples en union libre pose malgrè tout moins de problèmes (reconnaissons le honnêtement).
Quand au mariage religieux non précédé d'un mariage civil, c'est à dire d'un acte entrainant des conséquences juridiques, il s'agit d'une pure fumisterie : tout le monde croit les gens mariés alors qu'ils ne le sont pas, ce qui ne rend pas les relations économiques faciles.
Enfin, si la prohibiiton des secondes noces par l'Eglise pouvait se comprendre à une époque où la durée de la vie humaine était très faible (pensons au nombre de femmes qui mouraient en couches), on ne saurait avoir le même point de vue à une époque où la moyenne de vie des femmes est de l'ordre de 83 ans ?
Les choses sont moins simples qu'on ne croit.

Anonyme a dit…

"La séparation amiable de couples en union libre pose malgré tout moins de problèmes (reconnaissons -le honnêtement)" : quelle belle formule, en dehors de la réalité des "vécus concrets".... Pourquoi ? :
1 - les statistiques des UL sont impossibles en analyses sociales simplement parce qu'aucune enquête sociologique ne peut par une méthodologie basique (quantitatif et qualitatif)les mesurer du fait qu'elles sont "sans lien contractuel"- avec les institutions de la République et des Grandes Religions.
2 - De nos jours de très nombreuses souffrances affectives graves, silencieuses laissent des traces indélébiles notamment dasn les tranches d'âges 20-35 ans. Qui ne connaît ces situations vécues autoyr de lui. Brutalement l'un des deux "fou le camp" (comme on jette un clinex) après des années de vie ensemble en fameuse et fumeuse "UL". La confiance, grande absente de ce type d'union, révèle le soubassement (inconscient ? !) du contrat en UL : la défiance (lire X.Thevenot "Ethique pour un monde nouveau").
3 - Comme dans les divorces "classiques", ce sont encore les femmes qui paient très cher l'additon. Parfois des hommes il faut savoir le souligner aussi.
4 - Vivre en couple "UL" quelques temps je suis ouvert. Mais à moyen et long terme c'est une mascarade de refus de l'engagement (à deux et dans un contrat social pour faire société)
5- La vie de couple - et donc le mariage, les pacs etc - n'a jamais été et ne sera jamais "un long fleuve tranquille" non plus.. etc....Mais il est vrai que pour certains ténors de l'opinion (certains médias, certains politiques, certains militantismes en éternelles rebellions adolescentriques ou/et laïcistes..il faut tout jeter : "le bébé et l'eau du bain"...: ce sont toujours les autres et la société qui sont responsables...! Et la confusion est donc bien médiatisée dans la société sur cette question très complexe, délicate et fondamentale. Car la famille reste un creuset de la société.

Il me semble que l'individualisme exacerbé et la sécularisation (celle-ci révèle de plus en plus un ennui "spirituel" au sens large du terme) de nos sociétés produisent une perte du sens gravissime que nous devons relever...Ce sera très, très lent et long...Car les sociétés actuelles ne sont plus celles du passé...et la complexité est notre horizon. Place aux réflexions fondées sur la raison... (et il y en a...) et pour ceux qui le désirent, articulée avec l'intelligence de la foi : c'est à dire place au discernement pour éclairer nos choix humains.

Notre horizon est la complexité, c'est évident. Aucune organisation et institution n'y échappe, y compris les Eglises.

En conclusion : les unions libres sont diverses, complexes. Ce "pseudo" statut du couple "libéré" n'a rien résolu de la complexité de la vie du couple dans sa durée. Les souffrances de jeunes en UL qui se séparent sont aussi tragiques, si ce n'est plus, que celles des couples "mariés". Mais incognito des repères d'analyses sociologiques : liberté oblige ! Est-ce cela vivre en FEMMES ET HOMMES LIBRES ?

En toute humilité contributive et sans aucune prétention à détenir la vérité.

Anonyme a dit…

Etant moi-même divorcé d'un premier mariage, je souhaite aujourd'hui me remarier car ce que je ressens à ce jour est tout à fait différent de ce que je pouvais éprouver à l'époque de ce premier mariage. Je veux viellir et fonder une famille avec la femme que j'aime aujourd'hui, je pense être le seul à ressentir cela. Malheureusement, je ne pourrais me remarier à l'eglise, cette dernière ne vivant pas avec son temps, il est normal qu'elle "se vide" inexorablement. L'église, à mon avis, doit se prendre pour une société de gens parfaits, à qui on ne peut rien reprocher. Comme si un curé savait ce qu'était l'amour entre deux personnes... curé si généreux quand on le croit, si castrateur quand il faut punir. Ces curés doivent penser que dans leurs églises c'est la civilisation et que dehors c'est la barbarie. Moi qui croyait l'église tolérante, elle n'est à mes yeux, que vilaine, aliénante, réactionnaire et moyenâgeuse...

Anonyme a dit…

"La séparation amiable de couples en union libre pose malgrè tout moins de problèmes (reconnaissons le honnêtement)."
??? C'est une vue idyllique ! La vie des couples est une question extrêmement complexe. Et les unions libres n'ont rien changé aux problèmes. Par exemple : nombreux jeunes en unions libres vivent le drame de séparation brutales : le - et souvent la - partenaire "kleneex"! Est-ce mieux ? Est-ce moin bien ? En tout cas, les drames qui laissent des traces indélébiles sont réels...et peut-être moins régulés du fait de la "désinstitutionnalisation" via le mariage...!

Effectivement, "les choses sont moins simples" qu'on nous le laisse croire...!