jeudi 28 août 2008

Quand l'Evangile tombe juste

Une citation de l'évangile de ce jour : Si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n'aurait pas laissé percer le mur de sa maison (Mt 24, 42-51).

1 heure du matin, dans la nuit de lundi à mardi : je suis réveillé par un vacarme inhabituel. Des individus étaient en train de forcer la porte de derrière, je les ai vu entrer dans la cour, lampe de poche allumée... Pas très rassuré, j'ai appelé la police, qui les a coffrés aussi sec, ravie de tomber sur un délit aussi flagrant. Deux Polonais, passablement imbibés d'alcools divers, dont j'ignorais, après tout, les intentions précises.

Rien que parce qu'ils m'avaient réveillé, j'étais content de les savoir à l'ombre.

Et voilà qu'aujourd'hui, ils sont venus s'excuser : ils proposent de réparer les dégâts (la porte est cassée, tout de même). Que voulez-vous que je vous dise ? Je retire ma plainte, non ?

7 commentaires:

koz a dit…

On a tout de même là un magnifique tableau de nos si chers polonais : saouls comme...des polonais, et probablement fort marris d'avoir causé des dégâts chez un prêtre.

Cela dit, quand vous écrivez que finalement, vous ignoriez leurs intentions, on peut imaginer que, si elles étaient franchement pacifiques, ils n'auraient pas cassé la porte.

Sachez, de toutes façons, que même si vous retirez votre plainte, s'agissant d'un flagrant délit, il est probable que les poursuites... se poursuivent (oui, je sais, on tourne en rond). Le retrait de la plainte n'éteint pas l'action publique.

A vous de juger de leur degré de remords. Nous, de là où nous sommes, c'est difficile.

claire a dit…

En tant que prêtre, tu es là pour pardonner à ceux qui le demande non?
Leurs premières intentions ne doivent pas jouer dans la balance.
Ce qui compte, c'est ce qu'ils demandent aujourd'hui.

Au fait, les polonais ne sont pas des alcooliques inconscients chers monsieur koz. De nombreux jeunes bien français auraient pu le faire (sauf qu'ils ne seraient certainement pas revenu s'excuser). C'est vous qui devriez leur demander pardon car les insultes à caractère racial sont punies par la loi...

isa a dit…

ils ont exécuté leur mesure de réparation pénale de façon plus efficace (délais, sens...) que le ferait sûrement notre justice.

OliD a dit…

c'est vrai que si un prêtre n'accepte pas le pardon de gens qui viennent se repentir, on n'y comprend plus rien. Bien sûr, il faut aussi accepter leur offre de réparation.

Anonyme a dit…

La demande de pardon et la proposition de pardon sont des actes rares de nos jours et plus efficace que la justice humaine. Dommage le tribunal divin n'existe pas : il serait certainement plus juste que la justice humaine , sans erreurs et peut être sans récidiviste.

the masked one a dit…

La pénitence, le rachat et le pardon sont les fondements de la justice... mais est-ce que la vôtre doit se substituer à celle de la société ?

Nous ne sommes pas d'accord sur la place du prêtre dans la société... mais pour vous l'homme religieux se doit d'être un modèle pour la société, à vous de montrer ce qu'est la justice.

A votre place je la maintiendrais, c'est à la société et pas à l'individu de rendre la justice (pour éviter les dérives), mais si vous êtes cohérent avec votre vision du rôle du religieux, retirez-la.

A condition bien-entendu que ces hommes soient francs du collier et n'essaie pas de jouer sur votre compassion pour éviter les ennuis. Ou qu'ils le font uniquement parce que vous êtes un homme d'Eglise... C'est une tâche bien difficile pour un homme de juger tout ça. Comment être miséricordieux sans être bonne poire ?

Marie-Hélène a dit…

Ils n'en étaient peut-être pas à leur premier coup et auront peut-être la tentation d'en faire d'autres. Que faites-vous de leurs autres victimes, qui, elles, n'ont peut-être pas eu leurs excuses ?

Je ne sais pas si le pardon personnel et la justice institutionnelle doivent être ainsi confondus. Il y a un acte commis contre vous et vos biens ; mais il y a aussi un désordre objectif qui menace la société. Certes, la menace n'est peut-être pas bien grande ici. Mais si l'impunité dans les petites choses en entraîne de plus grandes, vous ne serez pas très avancé. Si le fait d'être prêtre doit faire de vous le dindon de leur malice (dans l'hypothèse où ils sont des habitués de la chose), vous ne "témoignerez" pas (en tant que prêtre) de grand'chose, à mon avis.

D'un autre côté, il y a leur situation personnelle, et je comprends que vous ne vouliez pas la leur compliquer. Après tout, il n'y a pas mort d'homme, n'est-ce pas ?

Mais je ne suis pas d'accord pour effacer l'ardoise comme ça. Vous pouvez leur signifier votre pardon autrement (les recevoir, vous intéresser à leur sort, prendre des nouvelles, etc), y compris sur le plan institutionnel (témoigner avec vérité - ils sont entrés par effraction - mais indulgence - en insistant sur leur volonté de s'amender, la réparation proposée - et effectuée le cas échéant) ; au besoin, demandez conseil aux policiers, qui vous diront ce qui va se passer (si la plainte est maintenue) et comment vous pouvez intervenir en leur faveur pour que la peine soit indulgente.

Mais retirer la plainte...

Dans ce cas laissez au moins une main courante pour qu'ils réfléchissent à deux fois avant de recommencer...