vendredi 2 avril 2010

L'appel à la vérité.

Touitté il y a peu sous l'excellente plume (enfin, plume...) d'Edmond Prochain : "Le moral des ménages est en baisse ; et la morale des médias ?" Bonne question, quand on voit la manière dont est traité par les journaux, la radio, la télé, le problème auquel nous sommes désormais obligés de penser et que nous devons forcément évoquer dès que nous parlons du clergé... Bien sûr que la liberté de la presse est essentielle, mais pourquoi donc ne s'accompagnerait-elle pas de responsabilité ? Je ne parle pas de responsabilité pénale, mais plutôt d'une responsabilité morale. Contribuer à l'édification de l'opinion publique, ce n'est pas une tâche dénuée de connotations éthiques. Et clairement, dans cette histoire, ce qui pousse les journalistes est l'appât du gain (les prêtres pédophiles, ca fait de l'audience, donc de la thune) plus que la recherche de la vérité. Du coup, hier, dans la rue, une conversation saisie au vol : "80 % sont pédophiles, évidemment". De qui ce monsieur parlait-il, je vous le donne en mille ?

"Partialité, méconnaissance ou délectation. De raccourcis en généralisations, le portrait de l'Eglise qui est fait dans la presse actuellement ne correspond pas à ce que vivent les chrétiens catholiques". Tels sont les termes de l'appel lancé par des chrétiens excédés de se voir injustement montrés du doigt, que vous pouvez signer vous aussi.

Pour signer, c'est ici.

15 commentaires:

Anonyme a dit…

Il y a plus de 50ans ,il y eut l'affaire d'un curé assassin . Petite fille j'eus droit aux sarcasmes de ma camarade de jeux . Ses parents étaient de religion communiste .

Anonyme a dit…

Manger, boire, respirer, parler, faire l'amour sont des dons de Dieu.
Expliquez-nous une bonne foi pour toute comment il est possible de vivre sans ça ?

Alexandre de Saint Phalle a dit…

Mon père,
L'exagération médiatique a visiblement un enjeu politique : L'église est la dernière institution qui ne cède pas aux injonctions idéologiques des médias. Les attaques visent donc à la faire plier. Si nous cédons, nous céderons sur tout. Ne cédons pas.

Anonyme a dit…

Vous découvrez la presse à l'occasion d'un évènement qui vous touche? Mais derrière tout cela il y a une vraie révolte, non pas contre les prêtres, mais une révolte contre le gouvernement de l'église qui se veut depuis toujours au dessus de la loi des hommes. Je suis trop révolté par les collusions entre l'église et les dirigeants (souvent de droite ou pire) pour avoir un discours serein. Vous vous affichez, votre pape en tout cas, avec notre présiprince dans des conditions qui mettent en danger l'essence même de la république.
Trés souvent le message de l'église a servir de baillon pour éviter que les plus pauvres ne se révoltent.
...
Je connais l'église de l'intérieur, j'y ai même servi comme enfant de cœur, puis comme animateur; je l'ai quitté et je reste révolté.
Je ne vous plaindrai pas, même si la presse exagère; mais on ne vous entends pas lorsque le gouvernement actuel sonne la charge éditoriale contre les étrangers, contre les banlieux.
Votre encadrement est largement responsable de l'état actuel de l'opinion contre l'église, mais je pense que rien ne changera et ceux ou celles qui voudraient changer les choses finissent par partir.
Enfin, j'admire les femmes qui restent encore dans l'église parce que pour le coup, vous êtes très loin de la reconnaissance de l'égalité entre les hommes et les femmes ... et ne me faites pas le discours de la différence, je le connais que trop bien.
Bonne chance pour vous sortir de ce mauvais pas... et choisissez la solution qui consiste à faire le ménage plutôt qu'à attendre que cela se passe.

Bénédicte a dit…

Bonsoir

Je comprends votre désarroi, mais je ne suis pas d'accord avec la responsabilité des journalistes : comment leur demander de cacher ce genre de choses pour éviter que certains ne traduisent des faits avérés par "80 % des prêtres sont pédophiles" ?

Vous souhaiteriez qu'ils "édifient l'opinion publique" uniquement dans le sens qui les arrange ? En mettant des limites dès qu'un prêtre est en cause ? En refusant de relayer les scandales en Irlande, aux USA, parce que découvrir que la hiérarchie de ces moutons noirs les a couverts ?

Je suis assez stupéfiée de lire que certains prêtres se regroupent pour se plaindre des conséquences des révélations qui ont été faites (cf. Le Monde il y a quelques jours)

Ne serait-ce pas le moment pourtant de faire profil bas, de faire preuve d'humilité ? M. Joulain a écrit un article passionnant dans le Monde (enfin un article qui ne reprend pas l'antienne "c'est le célibat - soit la frustration sexuelle - qui provoque la pédophilie" mais qui analyse le recrutement, l'image du prêtre (pur esprit, hors des pulsions) propre à attirer de pauvres gens qui croient trouver là un garde-fou à leur immaturité sexuelle, l'avez-vous lu ?

Protestante (ERF), je n'ai jamais rien compris au célibat du prêtre, se donner à Dieu n'empêche pas d'être un homme, chez nous, un pasteur est un "homme de Dieu", c'est à dire qu'il a la place pour rester un homme, qu'il a droit à une vie affective, à une famille... Que de solitude chez beaucoup de vos confrères ! Les rabbins, les pasteurs arrivent fort bien à concilier leur ministère avec leur famille, pourquoi pas les prêtres ? De plus, le célibat des prêtres n'a été décidé que pour protéger les richesses que l'Eglise possédait des héritiers potentiels, voyez-vous l'hypocrisie de ce système que l'on prétend faire durer alors qu'il est sans objet ? Jésus-Christ n'a rien demandé en ce sens aux apôtres !

Toutes ces histoires me navrent sincèrement pour les prêtres comme vous, mais je trouve cependant indécent de se plaindre de la mauvaise image de l'Eglise Romaine. Oui, l'Eglise doit évoluer ! Je ne demande pas au Pape de se transformer en chantre de la contraception, ce n'est pas son rôle, mais tout simplement de tenir un discours plus réaliste, qui laisse un peu de place au libre arbitre, et surtout, moins focalisé sur la sexualité et sur des interdits qui ne manifestent aucune rigueur morale (je crois que la vraie rigueur morale est ce qui manque au catholicisme)

J'arrête là ma diatribe, mais soyez assuré de ma sympathie, aussi sincère que mes critiques

Emmanuel Pic a dit…

@ Anonyme (encore un) qui "connaît l'Eglise de l'intérieur" : moi aussi je la connais... Merci pour votre conseil de mieux lire la presse, je vais essayer de le faire alors.

Pour quelqu'un qui connaît l'Eglise de l'intérieur, vous semblez ignorer qu'elle s'oppose assez frontalement, en tout cas les évêques de France, à un bon nombre de décisions gouvernementales (statut des étrangers, lois sécuritaires, réformes du droit social, travail du dimanche, et j'en passe). Mais peut-être devrais-je vous retourner le conseil que vous m'adressez : mieux lire la presse ?

Anonyme a dit…

Ne vous inquiétez pas ("n'ayez pas peur"): les gens ont l'habitude des exagérations médiatiques ; s'ils sont de bonne foi, et s'ils fréquentent l'église, ils savent bien faire la part des choses. Les médias ne peuvent effrayer que les gens qui n'approchent jamais une église... Pour les autres, le message ressenti est "méfions-nous, ça peut exister" et non pas "80 % des prêtres sont pédophiles" !

Emmanuel Pic a dit…

@ Bénédicte : "Je comprends votre désarroi". Vous n'en avez pas l'air... ce n'est pas "mon" désarroi, ou le désarroi des prêtres "comme moi" (qu'est-ce que cela signifie au juste ?) ; c'est l'inquiétude sur la manière dont le catholicisme est traité dans les médias. Quant à la responsabilité des journalistes, il me paraît évident qu'ils doivent s'interroger là-dessus, sauf à considérer que la seule loi qui prime soit celle de l'argent, tellement plus facile à faire quand on cloue des gens au pilori en déformant la vérité. Car la vérité dans cette affaire est bel est bien déformée par les médias, et les coupables exécutés avant même d'être jugés.
Je regardais hier sur BFM une interview, manifestement tronquée, de l'évêque de Rouen, effondré après la mise en examen du directeur de la radio diocésaine. La seule chose que la télé ait retenu de sa déclaration, c'est qu'il ne jugeait pas l'homme mais l'acte (ce qui me paraît une attitude évangélique), de telle manière que le message diffusé était "l'évêque de Rouen soutient le directeur de la radio diocésaine".

Je ne me plains pas des conséquences des révélations qui ont été faites, je me plains de l'amalgame qui est fait dans l'opinion et de la manière dont le sujet est traité. Il ne s'agit d'ailleurs pas de prêtres qui se regroupent, mais de catholiques excédés. Hier sur FR3 Bourgogne, un reportage sur les enfants du catéchisme commençait par un lien très explicite avec les affaires de pédophilie. Ce n'est pas de l'amalgame, ça ?

Pour le reste de votre intervention, je me permets de vous renvoyer au commentaire que j'ai rédigé sur www.sacristains.fr à la suite de l'article d'Armagilus sur le célibat des prêtres, je pense que vous serez assez d'accord avec les arguments que j'y développe. Et au fait, le célibat des prêtres n'a pas pour origine le désir de protéger le célèbre trésor de l'Église.

Anonyme a dit…

"Le Célibat des Prêtres"

"Le Célibat des prêtres" Ce qui est d'actualité en ce moment?.

Deux des plus grandes autorités de l' Eglise catholique.

Thomas d'Aquin et Bellarmin. déclarent que la

défense faite aux prêtres de se marier n'est pas de ,droit

divin. mais simplement humain. De l'aveu même de

ces docteurs, le célibat obligatoire des prêtres n'a donc

aucun fondement dans l'Evangile, Il suffit d'ailleurs

d'ouvrir le saint volume pour voir la confirmation de ce fait.

Les apôtres à l'exception peut-être de Paul et de

Jean, étaient mariés. "Jésus étant venu ensuite dans

la maison de Pierre vit sa belle-mère couchée ayant fièvre

" ( Matth. 8 : 14). — «N'avons-nous pas le droit.

dit saint Paul. de mener avec nous une sœur, notre

femme, de même que les autres apôtres et les frères

du Seigneur et Céphas [Pierre » (1 Cor. 9 : 5) Un père de

l' Eglise latine, St. Ambroise, évêque de Milan (340-397 )

dit même que tous les apôtres (difficile à définir cependant)

excepté Jean et Paul, ont eu des femmes.

L'épître aux hébreux (13 : 4) déclare solennellement:

«Que le mariage soit honoré de tous [ou selon Darby

«en honneur à tous égards»].» Et saint Paul commande

que les évêques et les diacres gouvernent bien leur famille

et élèvent pieusement leurs enfants (1 Tim. 3 . 4,5).

Prophétisant ce qui devait se produire plus tard,

le même apôtre s'écrie: «L'Esprit dit expressément, que,

dans les derniers temps. quelques-uns abandonneront la

foi, s'attachant à des esprits séducteurs et à des doctrines

de démons . . . défendant de se marier», etc. —1 Tim. 1:1-3.



D'ailleurs, à l'exemple des apôtres. les premiers pasteurs

de l'Eglise primitive étaient mariés. Le célibat

n'était que l'exception [pour ceux qui pouvaient comprendre

les paroles de Jésus ( Matth 19 : 12) et se faire

eunuques eux-mêmes pour le royaume des cieux].



Il est vrai que, de bonne heure, il se glissa dans l'Eglise

une erreur fâcheuse. Dés la fin du 2e siècle, on commença

à considérer le célibat comme plus agréable à Dieu et plus

saint que le mariage. Dès lors. on le recommanda naturellement

aux pasteurs comme une chose désirable, mais non

obligatoire. C'est ce que reconnait formellement le concile

de Nicée en 325. En définitive, le célibat n'est devenu

obligatoire qu'au 9e siècle, sous le pape Grégoire VII. A

cette époque-là, et même au siècle suivant, on trouve encore

bien des prêtres mariés, ayant même des enfants qui

leur succédaient dans leurs charges. Dans l' Eglise d'Orient,

le mariage des prêtres s'est continué jusqu'à aujourd'hui.



Le célibat forcé des prêtres est donc, dans toute la force

du terme, un de ces commandements d'homme qui anéantissent

les commandements de Dieu. Il est aussi contraire

aux lois de la nature qu'à la loi divine. IL nous place aux

antipodes mêmes de l'Evangile. Mais ce n'est pas impunément

qu'on veut être plus sage que le Très Haut. Aussi

le pape Pie II est-il obligé de faire cet aveu: «Si, par de

bonnes raisons, on a ôté le mariage aux prêtres, par de

meilleures il faudrait le leur rendre.» -- Après cet aveu

d'un pape. il n'y a rien à ajouter. D'ailleurs quand on voit

tous les jours les prêtres traînés devant les tribunaux et

condamnés pour immoralité, ne peut-on pas dire que les

faits se chargent sans cesse le confirmer la sagesse d'une

telle déclaration ?»

Emmanuel Pic a dit…

Sur le célibat, jetez un oeil sur l'article d'Armagilus à l'adresse www.sacristains.fr., et sur les commentaires qui accompagnent ce post.

Il est exact que ce ne soit pas une institution divine... personne ne prétend le contraire ! de là à dire que c'est contraire à l'Evangile, il y a de la marge. Jésus n'était-il pas célibataire ? Quant à la loi naturelle : je n'ai pas l'impression d'agir contre la nature, pas plus que les millions de personnes célibataires en France, en restant célibataire.

Enfin, je proteste contre l'amalgame, encore une fois : le célibat n'entraîne en rien à l'immoralité. Et il n'y a pas de prêtres traînés tous les jours devant les tribunaux pour immoralité, où donc avez-vous vu ça ?

David a dit…

je suis content de retrouver exactement le même texte, même mise en page, même double ligne que sur mon blog avec comme thème le célibat des prêtres. ça sonne autrement quand on découvre que c'est copié collé. si j'avais su, j'aurais copié collé ta réponse, Emmanuel.

Wolfram a dit…

Chère Bénédicte,

c'est un peu hors sujet votre interpellation du célibat obligatoire des prêtres romains. Ca, on vous l'a gentiment dit. Je réagis par rapport à une phrase dans vos pensées :
Les rabbins, les pasteurs arrivent fort bien à concilier leur ministère avec leur famille,
Eh bien, c'est faux. En Allemagne, où pour des raisons qu'il ne faut pas explorer ici, vivent bien plus de pasteurs protestants de toutes couleurs, on a pu constater que la moyenne de divorce dans les couples de pasteur dépasse sensiblement la moyenne nationale. Cela non pas pour dire qu'il est faux que nous pasteurs vivons mariés si nous nous y sentons appelés - n'oublions pas un certain nombre de pasteurs vivant seuls - mais que la vie dans le presbytère n'est pas la vie normale, notamment pour la famille qui n'a pas forcément la vocation pastorale - mais qui néanmoins en porte les charges: un mari et père ou une épouse et mère qui travaille aux heures quand les autres profitent du temps libre, y compris le dimanche ; une vie toujours un peu publique, sous le regard de bon nombre de paroissiens et paroissiennes qui veulent bien vous dire comment vous avez à vivre votre vie, à habiller vos enfants et vous-même, et qui n'hésitent pas à vous faire des remarques dès que le soleil de printemps révèle des traces sur les vitres. On le nourrit, on a son droit de regard... Et puis, au bout de sept ans en moyenne dans l'ERF, on change de poste, et cela veut dire quitter les amis, trouver une nouvelle école, un nouvel emploi, sans oublier les médecins, personnes de confiance quand même.
Il y a des côtés du ministère pastoral qui sont bien plus faciles à vivre dans le célibat. Néanmoins, je ne voudrais renoncer ni au ministère ni à ma famille... mais je sais que c'est surtout mon épouse qui en paye le prix.

brigitte a dit…

Intéressant tous ces points de vue. Au fond, tout le monde a raison quelque part, du moment qu'il défend son bout de gras...
Et pourtant dans toute cette triste affaire, il me semble qu'il manque des éléments importants dont personne ne parle. Alors arrêtons de parler de la question du célibat des prêtres à tout bout de champ mais posons plutôt celles du recrutement des prêtres et de leur formation ainsi que celle de l'homosexualité qui me paraissent bien plus pertinentes!
Emmanuel si tu ne l'as pas encore lu, je te conseille l'excellent livre du prêtre américain Daniel Cozzens qui aborde toutes ces questions avec honnêteté et clairvoyance: NOUVEAUX VISAGES DE PRETRES.
Tout ce qui se passe aujourd'hui y apparait comme le résultat d'une "politique du silence" dont l'Eglise paie le prix fort à l'heure actuelle, bien malheureusement...
Je sortais de la lecture de ce livre quand les scandales ont éclaté et cela ne m'a même pas étonné!
Je crois que je suis autant en colère contre les médias qui manipulent l'info que contre cette Eglise qui permet que de tels scandales arrivent quand elle ne sait pas réagir en temps utile!!!
Et pourtant je l'aime cette Eglise qui est la mienne, la nôtre et celle de tous les prêtres qui assument leur condition.

angel a dit…

Bonjour,
je souhaite pouvoir vous écrire un message, Père Pic, mais je ne trouve de lien "contact" pour cela, comment faire s'il vopus plait.
Merci de votre attention
A.

Emmanuel Pic a dit…

@ Angel :
écrivez-moi un commentaire à cet article, avec votre adresse mail personnelle, je ne le publierai pas mais vous répondrai directement.