jeudi 24 septembre 2009

Une Eglise qui interdit.

Comment dire la Parole que porte l'Eglise comme une bonne nouvelle (c'est-à-dire : quelque chose de bon et de nouveau), et non pas comme un ramassis de vieilleries proférées par une arrière-grand-mère empêcheuse de tourner en rond ?

L'Eglise interdit. C'est comme une malédiction, quelque chose qui lui colle à la peau. Avant même d'ouvrir la bouche, il y a des gens qui savent déjà que la parole qu'ils vont entendre du prêtre va aller à l'encontre de leurs projets.

C'est ce qui s'est passé au téléphone ce matin : une jeune femme veut se marier. Formidable. Elle veut baptiser ses enfants. Génial. Oui mais, voilà : elle veut que le baptême ait lieu pendant le mariage ; ça me gêne, et d'ailleurs - ça tombe bien - nos dernières directives diocésaines le déconseillent fortement. La réticence que j'exprime au téléphone est comprise comme l'interdit attendu. "C'est dommage, me dit la maman, mais alors il n'y aura que le baptême, on se contentera d'un mariage civil". Rien n'y fait. Même pas la proposition du baptême le lendemain.

C'est vrai qu'en y réfléchissant, la motivation des futurs mariés ne devait pas être bien profonde. Leurs motivations pour le baptême non plus, d'ailleurs... Mais dans un monde où chacun rêve de construire sa vie exactement à son rythme, selon son désir, en évitant le plus possible les contradictions, comment une parole affirmant qu'un monde de toute-puissance est un monde qui porte en lui sa propre mort pourrait-elle être entendue ?

18 commentaires:

David a dit…

cette Eglise d'une insouciante jeunesse... tu devrais lire du Scholtus, ça te ferait du bien, petit christianisme d'insolence. ça change pas les actes mais ça aère le cerveau.

je comprends ta détresse, et c'est difficile d'accompagner proprement. expliquer que ça ne peut pas le faire, que ça ne sera pas bien pour eux. Ramer. a contre courant, et accpeter, de temps en temps de les voir saborder, ce qui comme les pirates d'astérix, semble une victoire, mais les balance à la baille, quand même.

Paul a dit…

Bonjour Emmanuel,

Quelques réflexions :

- le téléphone est-il le lieu approprié d'une telle conversation ? ne vaut-il pas mieux rencontrer les gens face à face. Lorsqu'ils ne voient pas votre visage, les gens s'imaginent plus facilement vos pensées. Et s'ils raccrochent, pas moyen de les récupérer... Imaginez qu'il se sentent déjà jugés d'emblée car ils viennent ayant déjà des enfants : ils méritent d'autant plus un vrai accueil individualisé (je sais que c'est un peu comme la Rolls du prêtre, que chacun de vous aimerait le faire avec tout le monde mais que vous manquez tous de temps, mais pour ces petits, allez-y !)

- Pourriez-vous décrire la scène avec plus de détails ? La réponse "les dernières directives diocésaines sont contre" me semble un peu courte, car elle fait pointer vers le signe qu'est la règle, et non vers le signifié, qui est l'amour de Dieu. Et la règle en perd sa qualité de "panneau indicateur" de l'amour.

- Une réponse comme celle-ci eut-elle convenu ? 1. Je comprends l'amour que vous portez à vos enfants et que vous vouliez les faire entrer le plus tôt possible dans l'Eglise. 2. Vos enfants sont le fruit de votre amour mais aussi des créatures de Dieu pour elles-même : votre mariage est le lieu de la célébration de votre don réciproque, et la consécration de votre enfant par le baptême aura sa place dans sa propre célébration. 3. Je sais que ça présente des difficultés pratiques, car toute la famille vient déjà le jour J, mais comprenez que par le baptême, un peu comme à la présentation de Jésus au temple, vous renoncez à posséder votre enfant pour le faire entrer dans une liberté plus grande, où sa dignité en tant que personne unique est reconnue.

A la réflexion, je crois que l'image biblique de la présentation au temple n'est pas si fumeuse qu'elle peut paraître !

Enfin, je crois que déconsidérer la motivation des futurs mariés est un pas (trop) rapidement franchi : n'oubliez pas ce sentiment de jugement que vous dénoncez pourtant dès le début. Le monde est plein de blessés et d'écorchés vifs, et l'alcool à 90° peut être un peu violent.. mettez les compresses !

Enfin, ne serait-ce que par pragmatisme : avez-vous plus de chance de les amener à l'humilité de la croix en provoquant une bataille de toute-puissances (la leur, fantasmée, contre celle, ressentie, de l'Eglise ou de l'ecclésiastique) par téléphone ou en priant avec et pour eux ?

AncillaDomini a dit…

Hmm... il y a bien un livre qui apporte une réponse à ce constat désarmant...
Avez-vous lu "L'Ame de tout apostolat", mon Père ? St Pie X en avait fait un de ses livres de chevet. C'est intemporel et revigorant ! (et bien écrit, ce qui ne gâche rien) :)

fromageplus a dit…

Les gens prennent vraiment l'Église pour un supermarché. Super promotion, pour un baptême acheté, un mariage offert. Non mais ils se croient où ?

Jérôme a dit…

Pourquoi tout faire d'un seul coup sans pouvoir profiter de chaque évènement séparément ? Pourquoi cette course ? Dans notre société, le temps c'est de l'argent mais faut pas pousser trop loin le bouchon et prendre le temps de bien faire les choses.

Anonyme a dit…

Une famille riche n'a aucune difficulté à rassembler les parents et amis dispersés aux 6 coins de l'hexagone ...et à payer plusieurs fêtes .J'espère que c'était le cas .Délicat le boulot de prêtre . MADO

Emmanuel Pic a dit…

@ Paul : merci pour ces excellentes remarques, si je donne peu de détails c'est que je tiens à écrire des billets brefs et faciles à lire sur le web. Mais bien sûr, le téléphone n'est pas le bon lieu pour parler, et j'ai rendez-vous avec la famille pour poursuivre l'entretien ; bien sûr, je n'ai pas fait allusion aux directives diocésaines ; et ce que je leur ai dit au téléphone, et leur redirai plus en détail de vive voix, est exactement (et presque mot pour mot !) ce que vous me conseillez. Je me garde bien également de juger de leur véritable motivation.
Toutefois, il y a quelque chose qui s'appelle... je ne sais pas... le pif, disons. L'expérience de vingt ans de ministère. L'expérience de célébrations de mariages ou de baptêmes lamentables, où les gens se tiennent mal, où tout leur semble dû, avec des exigences parfois invraisemblables : telle musique et puis c'est tout, le chien qui apporte les alliances dans la gueule... L'expérience de couples qui arrivent à la préparation au mariage avec la ferme intention de ne rien dire et l'idée préconçue que tout ça, c'est des histoires de curé qui n'y connaissent rien. Et aussi, des couples dont je me dis "mais qu'est-ce qu'ils viennent faire là" et dont j'apprends comme par hasard le divorce quelques mois plus tard. Bref, un ensemble de choses qui me fait penser que tout ça, c'est mal engagé : c'est l'impression que j'ai retiré de ce dialogue-là, la personne que j'ai eue au bout du fil n'ayant absolument pas exprimé le désir de faire quelque concession que ce soit, ni même de prendre le temps de réfléchir. Or, un sacrement, c'est d'abord la grâce de Dieu qui abonde, et si on ne se met pas dès le début dans les dispositions qui permettent de l'accueillir, si on pense qu'on va tout régenter du début à la fin, qu'on va construire une célébration à son idée et sans tenir compte un minimum des conseils que donne le prêtre, alors on va dans le mur. Mais je peux vous dire que les gens si peu disposés à faire des concessions sont ceux qui iront raconter partout que l'Église est intolérante.
Je pense être un prêtre accueillant à beaucoup de choses, mais il faut tout de même un minimum de règles, non ?

@ Mado : je crois de moins en moins à cette histoire de familles riches, car l'expérience (encore elle) montre que ce sont les pauvres les plus généreux. On n'est pas obligé de rassembler toute la famille pour un baptême si on a fait la fête largement avant pour le mariage. Par contre, ce que je vois souvent, c'est des sommes astronomiques dépensées au restaurant, et 10 euros et une boîte de dragées pour l'Église. Et là, croyez moi, il n'y a ni riche ni pauvre.

Paul a dit…

Merci pour cette réponse à mon commentaire. Je veux bien croire à votre "nez" !

Pneumatis a dit…

Bonjour mon Père,

Votre billet me fait penser à ces discussions que j'ai eu avec ce jeune prêtre qui est aujourd'hui mon directeur spirituel. Il me raconte que les mariages sont les célébrations parmi lesquelles il y a le plus d'occasion de grandes souffrances pour les prêtres. Il me disait ça alors que, ayant moi-même l'expérience d'accompagnement de préparation aux baptêmes, je lui faisais la remarque que cela ne devait pas être facile tous les jours les baptêmes, que ce n'était souvent plus qu'une occasion de bouffer des dragées. Il m'a alors décrit des mariages, des prêtres en larmes après, des prêtres obliger d'arrêter la célébration parce que le témoin imitait superman dans le choeur pendant l'homélie, parce que certains venaient trinquer sur l'autel, d'autres venaient déguisés, j'en passe et des meilleures... Je remets un peu tout ça de mémoire et en l'écrivant j'ai aussi soudain envie de pleurer.

Courage et, je pense que c'est inutile de vous le dire, mais pensez aussi à tous ces merveilleux mariages.

PS : Il y a quelques mois, la cousine de ma femme s'est mariée à 30 ans. Elle et sont fiancée s'étaient gardé l'un à l'autre jusqu'à ce jour, vierges tous les deux. Ils avaient aussi décidé de réserver leur première nuit de noce et de la consacrer en prière au Seigneur. La célébration fut magnifique, la fête qui suivi ensuite également, avec un repas commencé par une prière et terminé par une prière. Je ne dis pas ça pour vous raconter ma vie, mais juste que des fois, de le savoir, ça fait un peu de bien. Dans mon monde à moi, c'est malheureusement trop rare, alors pour moi c'est important de vivre ça.

Dom de Ter a dit…

Je réfléchis tout haut...

Il y a longtemps, je me souviens un prêtre me dire au cours d'une âpre discussion sur ce que l'église historiquement avait imposé, "ce n'est pas objet de foi, c'est le dogme...".
Cette discussion à propos de mariage et baptême simultanés me fait dire que tant qu'il y a foi, on accepte (ou on relativise) les règles édictées ; et s'il n'y a que la demande de se conformer à un usage (ou contre cet usage...), la foi est... faible (si tant est qu'on puisse mesure la foi...)

do a dit…

Vous leur avez rendu un grand service:

soit leur union n'est pas ancrée dans le Christ, et elle va probablement se rompre un jour ou l'autre, et ils n'iront pas, s'ils se convertissent, grossir les rangs des divorcés remariés tristes d'êtres coupés de l'Eucharistie, ou des divorcés solitaires tristes d'être coupés de l'amour humain..

soit leur désir de mariage religieux est une première étape d'un retour sincère à la foi, et vous leur offrez une remarquable chance de se préparer sérieusement au mariage devant Dieu, et sans contrepartie en plus, puisque (contrairement aux autres fiancés chrétiens, en principe), ils n'ont pas semble-t-il décidé de supporter le lourd fardeau de la chasteté prénuptiale.

en plus, vous ne leur avez pas dit non sur le fond, mais juste sur la forme: c'est le rôle d'un Père, qui manque tellement dans cette société sans pères, que de rappeler quelques règles; Ils ne peuvent qu'en sortir grandis. C'est peut-être la première fois que quelqu'un leur dit non! On ne peut pas rester infantiles toute sa vie, il faut bien qu'un jour la vie se mette à devenir "la vraie vie"... que feront-ils devant l'épreuve de la maladie, de la vieillesse, des tentations émotionnelles, s'ils ne sont pas capables d'entendre un prêtre leur dire non?

Anonyme a dit…

Bonjour Emmanuel. Il me semble assez clair que dans ce cas la foi a peu d'impact sur leur décision. J'ai l'impression qu'il y a souvent une foi "de prudence", à placer au même registre que le fait d'éviter de passer sous une échelle, parce qu'on n'est pas supersticieux mais quand même, sait-on jamais...
Sinon, ce qui aurait été intéressant, c'était de faire la communion du petit, la confirmation de sa soeur et l'extrème onction du papi en même temps, histoire de rentabiliser et d'être tranquille !
Jean

Anonyme a dit…

Bonjour
Ca me rappelle notre week end de préparation au mariage où 3 couples sur 7 avaient été incités (forcés en réalité) à venir faire cette préparation. Ils pensaient d'ailleurs qu'on allait préparer la célébration...
Je suis d'accord avec le dernier commentaire, pourquoi cette "course" au mariage religieux? Le mariage civil est déjà une grande étape, nous avons fait des mariages de couples qui ne voulaient pas de mariage à l'église, pourtant l'émotion était là, la mariée était superbe, la famille ravie et la fête réussie.

casillix a dit…

une question ... le mariage et le baptème sont des sacrements, n'est-ce-pas ? Donc Dieu est là et les dons de l'Esprit Saint aussi non,...?! C'est consternant et affligeant sans doute pour un prêtre de recevoir des demandes de sacrements pour de mauvaises raisons, une absence de foi évidente, des exigences invraisemblables et j'en passe. Pourtant Dieu avec le sens de l'humour qu'on lui connait en profite peut-être pour faire de l'infiltration à l'insu du plein gré de tout le monde!
Qui sait ?! On peut desespérer de nos semblables (et de nous mêmes!)...mais si on se met à désespérer de la puissance de Dieu dans les sacrements, alors il faut mettre la clef sous la porte!
Remarque qui n'enlève rien , au demeurant, à la souffrance quotidienne que doivent endurer les prêtres face à ces comportements d'enfants gâtés à qui il ne faut rien refuser sous peine de passer pour intolérant réac...y'a des paires de cl...qui se perdent;-)))) !

Anonyme a dit…

Je tiens à préciser mon propos : je ne porte aucun jugement comparatif sur le mariage religieux et le mariage civil, je regrette juste personnellement que la motivation pour un mariage religieux soit si peu profonde. Je ne suis pour ma part pas croyant mais il me semble que se marier à l'église pour des raisons culturelles ou d'une vague croyance est un choix discutable. Ca mène directement à des questions sur la signification de leur engagement. Quant à faire d'une pierre deux coups, je suis contre. Mais dans le cas cité par Emmanuel, la dame n'a-t-elle pas mal interprété la chose ? Aurait-elle compris qu'Emmanuel voulait conserver un minimum d'ordre chronologique pour ces deux événements ? Pour ma part, j'interprète plutôt cette volonté de séparer les célébrations comme le fait de vouloir conserver toute leur mesure, toute leur signification à chacune.
Jean

Caroline a dit…

Je dois avouer que certains de vos propos me choquent.
M. Pic, pourquoi un chien n'aurait-il pas le droit d'entrer dans une église?
Vous parlez "d'exigence invraisemblable" à propos du couple qui souhaitait voir leur chien apporter les alliances. Pourquoi?
Je suis croyante mais lorsque je lis de telles choses émanant du clavier d'un Homme d'Eglise, je vous avoue que de nombreuses questions me traversent l'esprit.
Ne peut-on pas croire en Dieu et Aimer les animaux?
Je regrette tellement que l'animal tienne une place si peu importante pour vous...
Dieu aurait-il créé ces êtres uniquement pour qu'ils soient des "outils" au service de l'Homme?
Je ne le crois pas.
En ce qui me concerne, l'animal tient une place prépondérante dans ma vie. Je ne conçois pas qu'on puisse leur faire du mal, c'est pourquoi je me "bats" afin que leurs droits soient davantage reconnus. Car en effet, l'animal est un être qui souffre; détail un peu trop souvent oublié.
Mon amour pour les animaux ne m'empêche pas d'aimer les êtres humains. J'ai d'ailleurs fait de longues études pour travailler auprès de personnes âgées et handicapées (c'est d'ailleurs ce que je fais aujourd'hui et je ne changerais de métier pour rien au monde).
Comme l'a dit Lamartine, "on n'a pas un coeur pour les hommes et un coeur pour les animaux, on a un coeur ou on n'en a pas".
Avez-vous déjà écouté les paroles de la chanson de Renaud intitulée "Baltique"? Si non, je vous invite à le faire et j'aimerais savoir ce que vous en pensez...
J'aimerais tant être comprise, que mon amour pour les animaux soit entendu.
... et croyez-moi, je ne suis pas la seule dans ce cas.
Sachez que je serais ravie de converser avec vous sur le sujet.
Est-il posible d'avoir une adresse mail sur laquelle je puisse vous contacter?

Cordialement,

Caroline

Anonyme a dit…

Je ne vois pas pourquoi ne pas faire une cérémonie avec deux sacrements. Soit les gens comprennent les sacrements et ils ne risquent pas de confondre leur signification, soit ils ne comprennent pas. Si vous présumez qu'ils ne comprennent pas pourquoi ne pas expliquer les sacrements lors de la cérémonie ? Comme ça, les catholiques peu concernés par leur foi ou les non catholiques apprendront le sens de deux sacrements, c'est toujours ça, non ? Comme il est rare qu'on célébre deux sacrements "à la fois", cela peut faire réfléchir les gens, et rester dans leur mémoire. Je suis agnostique mais j'ai cru comprendre que le pape actuel et toute une tradition de l'Eglise était en faveur d'une foi éclairée. Est-ce que l'interdit est fait pour lui même ou apprendre quelque chose ? Il me semble qu'aucun interdit ne devrait rester inexpliqué, sans quoi il ne peut que donner une impression d'arbitraire. J'ai vu des gens manifester de l'arrogance avec des prêtres parce qu'ils avaient subi celle de prêtres... Je plaignais intérieurement toutes ces personnes évidemment, prêtres et laïcs qui ont besoin les uns des autres et en veulent aux autres de leur dépendance, ce qui est le cas de tous les liens sociaux, évidemment, mais avec le langage de l'amour et du pardon quand on ne cesse de condamner les autres... Peut-être parce que je suis quelqu'un de curieux, extérieur à ces problèmes et que je ne souhaite pas le malheur des gens, certains ne me cachaient pas combien ils étaient à plaindre.
J'ai toujours pensé qu'un effort de pédagogie des deux côtés aurait été bienvenu. Mais je sais, "la critique est facile et l'art est difficile".
Bon courage.
Noblejoué

Emmanuel Pic a dit…

@ Noblejoué : bien d'accord avec vous, un effort de pédagogie aurait été le bienvenu ! Hélas, souvent dans ce genre de cas, la discussion est impossible : les familles arrivent avec leur idée en tête et n'en démordent pas. La pédagogie (enfin, l'idée que j'en ai) suppose au moins la possibilité d'un débat !