jeudi 22 janvier 2009

The man of the future.

Petit moment d'agacement qui vient ternir la liesse générale : le nouveau président américain nous est présenté comme "l'homme du futur".

L'homme du futur ? Aussitôt se présentent à mon esprit inquiet des images de cyborg, le corps scarifié, les organes trafiqués, squelette de carbone et muscles d'acier. Il nous vient par l'entremise d'une machine à voyager dans le temps, à moins que ce ne soit d'une autre planète. L'homme du futur, c'est l'homme de l'inconnu, car le futur, nous ne le connaissons pas. A vrai dire, il n'existe même pas.

Je lui préfère l'homme de l'avenir : l'avenir, c'est, au sens propre, ce qui advient, ce qui est en germe, qui commence aujourd'hui et se révèle déjà lourd de promesses. L'avenir a des racines, il est une plante dont nous voyons les premières pousses et dont on espère qu'elle sera un jour le plus bel arbre du jardin.

Bien sûr, il y a derrière tout cela un problème de traduction : l'anglais dit "the man of the future". Attention aux faux amis, disait ma prof d'anglais au collège. Il me vient alors une question : la langue anglaise est-elle langue du futur ou langue de l'avenir ?

4 commentaires:

Pinpin a dit…

Peut-être rien à voir, mais à propos d'hommes providentiels qui doivent anticiper et pacifier l'avenir que penser de la réintégration des Lefebristes tout à fait tournés vers un avenir radieux comme chacun sait ?

Dom de ter a dit…

La langue n'est que le vecteur des idées... et il faut avoir non seulement des idées mais faire en sorte que nos actes nous engageant, le monde sera ce que nous en faisons, même à notre "échelle" individuelle...

Et comme en contrepoint à l'article précédent :
"Athées et croyants ne sont séparés que par ce qu'ils ignorent.(...) Mieux vaut se battre, ensemble, pour ce que nous connaissons ou reconnaissons:une certaine idée de l'homme et de la civilisation, une certaine façon d'habiter le monde et le mystère, une certaine expérience de l'amour et de la compassion, une certaine exigence de l'esprit...Fidélité à l'homme, et à l'humanité de l'homme." (A.Comte-Sponville)

Anonyme a dit…

Les journalistes jouent vers un appauvrissement de la langue française, pourtant si riche, en utilisant des mots parfois mal choisis. Tente t-on d'appauvrir la langue française autant que la langue anglaise ? (appauvrissement pas vue de façon négative mais du fait que le vocabulaire de la langue française est plus rikche que celui de la langue internationale).

Pinpin a dit…

A Dom de Ter : Il faudrait que l'on soit à peu près d'accord sur la base de "une certaine idée de l'homme et de la civilisation"! pour exemple on peut être nietzschéen avec l'homme providentiel (on revient à l'article), la volonté de puissance(ou plutôt le vouloir pour avoir la puissance qui me semble une traduction plus correcte), la sélection, la "race élue"... en tout cas une pensée antidémocratique certaine, ou plus évangélique avec une parole puissante sur la fraternité ou au moins l'égalité entre les humains avec toutes les valeurs dont parle Dom. Ne sommes nous pas confrontés à cette dualité perpétuelle, tantôt nous pratiquons l'une tantôt nous nous revendiquons de l'autre. Il semble malheureusement dans notre bonne société qu'il faille d'abords pratiquer la première pour faire sa place au soleil et ensuite essayer de racheter sa conscience avec l'autre, la demande évangélique étant si difficile (et peu rentable) pour être pratiquée d'emblée!