vendredi 16 janvier 2009

Sans religion, mais avec quoi ?

Sur ce blog se croisent, et s'expriment parfois, pour le plus grand bonheur de son rédacteur, croyants et incroyants, "talas" et libertaires de la foi.

L'un d'entre eux m'écrivait l'autre jour son agacement à être appelé "a-thée", "in-croyant", "sans-religion". Comme si la norme était d'être : déiste, croyant, religieux. Moi, disait-il en substance, je n'existe pas par rapport à ceux qui ont la foi. Croire ne me fait pas défaut. Je suis né là-dedans, et les convictions qui me font vivre ne se dessinent pas en creux par rapport aux tiennes.

Comment parler positivement (c'est-à-dire : sans les définir par ce qui leur manquerait, mais qui en définitive ne leur manque pas) de ces hommes et de ces femmes qui représentent, je crois bien, environ le tiers de la population française ? Dans un numéro déjà ancien du Monde diplomatique, le sociologue Dominique Vidal se livrait à un portrait de La France des sans-religion que je livre à votre bonne lecture.

La France des sans-religion, in Le Monde diplomatique de septembre 2001

P.S. Dans la rubrique "on parle de moi dans les médias", le Bien Public de ce jour publie un article sympa, sous la plume trop bienveillante d'Emmanuel Haslé. Article qui est un prélude à une série d'autres sur les blogs côte d'oriens dans ce même journal.

11 commentaires:

Anonyme a dit…

Attention à ne pas prendre la grosse tête après un passage dans les médias Manu ....... je plaisante ! Félicitation pour votre blog !


Les articles du monde sont vraiment très intéressant. Un grand merci !

Longue vie au blog du curé !!!

the masked one a dit…

Une absence de critère ne permet pas de définir un groupe, même si on arrive à trouver un terme qui permet d'avoir un vocable positif.

Il y a des gens qui portent des cravates, mais les gens qui ne portent pas de cravate ne forme pas un groupe de sans-cravate (ou d'a-cravate). C'est la communauté des porteurs de cravates qui se définit de manière égocentrique "nous et les autres" mais ce critère de "les autres" n'est valable que dans cette communauté. Quand on fait partie de la communauté on voit ce comportement comme un plus qualitatif (qui permet de se définir) et de voir chez ceux qui ne l'ont pas, que ce critère leur fait "défaut". Pour les "autres" ce n'est qu'un plus quantitatif : il y a ceux qui ont une cravate, ceux qui ont un chapeau etc...

Vouloir définir un groupe de non-croyant (ou d'athée ou encore de sans-religion, parce qu'il y a des nuances) c'est vouloir définir les "autres" quand on est au sein d'une religion. Même en trouvant un terme moins péjoratif, la conscience même de ce groupe "d'autres" est une conséquence du fait d'appartenir à une communauté. C'est le même principe que de définir en France les Allemands, les Togolais et les Chiliens d'étrangers : ils ne se définissent pas comme faisant partie du groupe des "étrangers à la France".

Quand vous définissez quelqu'un comme sans-religion, vous vous revendiquez en fait, par opposition comme ayant une religion. Revendiquer une identité c'est tout à fait louable, mais il est inutile d'utiliser les autres comme des "figures repoussoirs". C'est en fait une vision peut-être un peu égocentrique : ramener les autres à ce que vous êtes vous en tant que chrétien. Dire que quelqu'un n'est pas comme nous, entre deux membres d'une même communauté, ça peut-être utile, mais le dire à une personne extérieure à cette communauté, c'est déjà presque méprisant, quelque soit la neutralité du terme employé.

Alors oui, sur votre blog, qui est un espace de discussion sur la religion, il y a des religieux et des sans-religion, mais dans un autre espace (comme une cuisine par exemple) il n'y pas de distinction de ce genre à faire.

marchois a dit…

Je découvre ce blog suite à l'article du BP et il me semble intéressant. Peut-être des échanges en perspective...

David a dit…

très touché par la citation dans l'article du BP... je suis allé le lire pour y voir l'évolution de ton projet blog, plus tourné dans l'actualité ces derniers temps, sans doute. Merci donc. Mais cette connaissance virtuelle se changera bientôt en "IRL", je n'en doute pas.

pour ce qui est des "athées", le terme était sans doute vrai dans des positions athéistes militantes, ou la suppression de Dieu et des religions était un point d'honneur.

En l'occurrence, il faudrait déployer le terme en d'autres plus larges maintenant. Ceux qui n'en ont jamais entendu parler, ceux qui n'ont jamais eu l'occasion de se poser la question, ceux qui attend(ai)ent quelquechose qui n'est jamais venu, ceux qui regardent ça avec le même regard circonspect qu'ils réservent aux "amish écologiques" (ça doit avoir un sens mais ça a l'air idéologique et pénible).

le critère "le monde a son sens en lui même, et ça me va / le monde a son sens, mais un autre sens peut se déployer" serait peut être plus juste?
ça se résumerait en un mot? bon, c'est toi le prof de théologie, bosse un peu!

do a dit…

moi, j'utilise le mot athée pour dire que avant, j'étais athée, et que maintenant que j'ai rencontré Jésus (ne me demandez pas comment, demandez-lui à lui de vous rencontrer!), je suis devenue croyante.

Les autres, je ne sais pas, c'est eux qui me disent s'ils sont agnostiques, athées (là, c'est souvent un choix), chrétiens, musulmans, croyants, ou encore ils ne disent rien.

Pour moi, ce ne sont pas des catégories, maintenant, ce sont des étapes. ...Même si, d'après Bertrand Vergély (Le Silence de Dieu), l'athéisme peut être un progrès par rapport à certaines formes de croyances rigides et moralisatrices qui retirent à l'homme tout liberté de penser. (et qui peuvent exister en marge de toute religion, voire de toute idéologie: l'intégrisme guette même l'écologie!)

Emmanuel Pic a dit…

@David :
c'est quoi un IRL ?

Sylvie a dit…

Merci,j'avais peur d'avoir l'air idiote en demandant ce qu'est au juste un IRL...

David a dit…

"in real life". une vraie rencontre dans la vraie vie des vrais gens.
(au fait, merci, avec tes propos sur les athées, tu m'as offert le début de mon homélie. Il me manquait l'accroche)

Dom de ter a dit…

Bonjour,
J'ai découvert ce blog à la suite de l'info sur France2, il y a quelques mois.L'article du BP redonne cette même info au niveau local...
Je vais également sur un autre blog mais pas interactif celui-ci; en voici l'adresse pour ceux qui sont intéressés : http://dihervec.blogspot.com/

Quant au mot athée, ou incroyant... je ne sais que dire... Je ne sais pas si j'ai la foi, je ne sais pas si je suis athée... heureux celui qui peut le proclamer. Car il est de la foi comme du bien et du mal, il ou elle passe par l'intimité de notre cœur, face à celui qu'il ne faut pas nommer.

Thaïs a dit…

Vous êtes bon pour entrer chez les 3B "les blogueurs de Bourgogne" ! (appellation contrôlée)

@David : Oui la Bourgogne est une région inspirante...

Pinpin a dit…

La foi comme écrit l'a-thée je suis né avec, j'ai plus ou moins essayé de m'en "débarrasser" mais rien à faire! Je ne peux pas envisagé de vivre sans une "transcendance", quelque chose de bien au-delà de la condition "humaine", (terrienne)? et cela je le trouve bien au delà de mes espérances toujours dans la Parole. Comment vivre en n'ayant comme objectif que l'apogée de la race humaine dans un bien être béat de surconsommation imbécile !
Pour moi le problème n'est pas tant d'avoir la foi que de la vivre ! Pour rejoindre ce que dit the masked : est-il possible de ne plus être chrétien au fond d'une cuisine? Je le pensais , mais plus maintenant, cela revient à une affaire d'engagement (et de modération). Peut-on laisser sa foi à l'intérieur de l'église ou d'ailleurs n'importe quels engagements ou croyances dans un lieu confiné?