jeudi 1 février 2007


Christianisme et communisme.

Yann publie un site web original : baptisé à l'âge de quinze ans, il est membre du Parti communiste. Un itinéraire peu commun en France, mais pas isolé ; ailleurs (en Amérique latine notamment), c'est plus courant : il paraît que Hugo Chavez, le Président vénézuélien, prie et parle souvent de Jésus en public... Sans être moi-même du tout dans ce genre de démarche, je dois dire qu'il m'est arrivé plus d'une fois de me trouver sur la même longueur d'ondes qu'un communiste, la dernière fois étant lors de la table ronde sur l'immigration organisée par notre journal. Yann m'a par ailleurs assuré que l'Humanité donnait souvent la parole aux évêques, sans doute sur les sujets de préoccupations qu'ils ont en commun.

Yann est étudiant à Dijon, je l'ai donc rencontré cet après-midi. Je ne veux pas vous gâcher le plaisir d'aller voir vous-mêmes son site, et de lui mettre un petit mot si vous le voulez.

Lien avec le site web de Yann

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Anticommuniste primaire

Emmanuel,
Comme tu me l'as proposé lorsque nous nous sommes salués à la fin de la messe dominicale, je développe mes réflexions sur ton blog pour lancer le débat.
Je n'ai rien contre Yann, que je suppose très sympathique et pleins d'illusions, j'ai fait un tour très rapide sur son propre blog. Je respecte ses opinions mais j'avoue que je n'ai pas pu aller bien loin.
Pour moi, Christianisme et Communisme, me fait le même effet que si je voyais écrit Christianisme et Facisme. Je suis pour la liberté d'expression, je trouve toujours ridicule et parfois un peu dangereux d'empêcher les gens de s'exprimer sur ce qu'ils souhaitent. Je crois que la meilleure façon de faire taire les révisionnistes c’est plutôt de les tourner en ridicule, de prouver qu'ils ont tort, plutôt que de leur faire un procès qui les posera en victimes.
Je suis toujours surpris que l'on tape toujours du même côté. Ayant eu trois oncles dans les camps de concentration, ayant entendu très jeune (sans doute même trop jeune) ce qu'ils y ont vécu, j'ai toujours été antifasciste convaincu, sans doute secondaire, puisqu'il est glorieux et obligatoire d'être antifasciste dans notre société.
Très vite dans mon adolescence, j'ai compris que Lénine et Mao n'avait vraiment rien à envier à Hitler.
Donc je suis devenu anticommuniste, primaire forcément puisque pour notre intelligentsia française, c'est un crime d'être anticommuniste. On est donc forcément un être primaire. C'est bien connu il vaut mieux se tromper avec Sartre que d'avoir raison avec Aron. On m'a aussi sorti souvent aussi la fameuse phrase qui dit que celui qui n'a pas été communiste à 20 ans n'est pas généreux mais que s'il l'est encore à 40 ans il n'est pas malin. Moi je préfère celle d'un écrivain communiste , Aragon : « Ce sont les jeunes imbéciles, qui donnent les vieux cons ! ».
Pour mes 41 ans, je suis peut-être un vieux con, mais je ne suis pas seul. Je suis battu par les anticommunistes secondaires, dans le style il y avait Montand, qu’est-ce qu’il a pu m’énerver quand il nous a expliqué combien il s’était trompé en soutenant le communisme. Et le Papé, tu nous prend pour qui ? tu n’y es pas allé souvent en URSS à la grande époque, qu’est ce que tu avais devant tes yeux ?
Le champion des vieux cons, c’est quand même le Robert Hue, pas pour son look nain de jardin, mais quand on l’a vu il y a une petite dizaine d’années sur toutes les chaines de TV larmoyant, nous expliquant les méfaits du communisme, et nous disant « je ne savais pas », soit il est vraiment le dernier des Crétins, soit c’est nous qu’il prend pour cela. Enfin personne ne lui a fait confiance et aux dernières présidentielles, il a été à sa place (moins de 5 %). Je dois dire que je serais ravi si tous nos amis des extrêmes (Jean-Marie et Bruno d’un côté, Arlette, Marie-Georges et Olivier de l’autre) se retrouvaient tous à moins de 5% (au total) en mai. Qu’ils soient présents ne me gêne pas, malgré toute l’horreur que Le Pen m’inspire, je trouverais anormal que quelqu’un qui a été au 2° tour d’une présidentielle ne puisse avoir les 500 signatures la fois d’après. 500 signatures, puis 500 voix pour toute la France, c’est cela qui me ferait plaisir pour lui.

Moi j’ai l’impression que j’ai compris il y a longtemps que ce n’était pas chouette ce qui se passait à l’Est. Et j’en veux beaucoup à ceux qui ont fermés les yeux et qui ont essayés de nous les fermer. Quand j’étais un jeune imbécile au milieu des années 80, j’avais écrit à Mermaz, alors président de l’assemblée, plein d’espoir (je rappelle que j’étais un jeune imbécile) d’une réponse, parce que j’avais été choqué alors qu’un journaliste l’interrogeait sur les dictatures de droite et de gauche, ce brave monsieur avait répondu « il n’y a pas de dictature de gauche, on ne peut pas appeler dictature les démocraties populaires d’Europe de l’Est ». MERDE, excusez-moi chers lecteurs, excuse–moi cher Emmanuel mais il n’y a pas d’autres mots. Pourquoi pour dire que Pinochet est un salaud, faut-il dire que Ceaucescu ou Brejnev sont des saints.
Dans le même ordre d’idée, pourquoi a-t-il fallu attendre la mort dudit Pinochet pour savoir que c’était Aliende (lui-même non communiste et élu démocratiquement donc que je respecte pour cela et pour sa fin) qui l’avait choisi car c’était un ami et membre de la même loge maçonnique que lui. Alors que pendant des décennies on nous a bien culpabilisé en nous parlant de ce dictateur bien catholique !
Dans le même ordre d’idée, je ne lis jamais le Figaro mais je trouve nul de cracher dessus sans arrêt (même si ce journal a pu se tromper) et de dire que la vérité est dans des journaux beaucoup plus chicos (Libé, Le Monde, nouvel Obs, je ne parle pas de l’Huma, d’ailleurs ce journal existe-t-il encore ?), qui eux ne se trompent jamais. J’ai apprécié une émission TV de Jean Lacouture, il évoquait le drame du Cambodge et les khmers rouges, et notamment combien il avait fallu d’années pour que cette presse bien pensante se rende compte de la réalité du de ce pays martyr. Il évoquait une interview dans le Figaro d’un jésuite qui échappait de l’enfer racontait pour la première fois ce qui se passait, et combien cet article que le Figaro n’avait pas osé mettre en première page avait été critiqué par la presse bien-pensante. Il disait aussi que les satellites espions américains avait informé le monde entier que Pnomh Penh était vidé de ses habitants. Mais nos maîtres à penser refusaient que l’on puisse dire qu’au nom du communisme on détruise un peuple.

Moi aussi, il m’arrive de penser comme les communistes sur certains sujets. Je t’avoue que je suis ému chaque année par les images des petits français qui découvrent la mer grâce au secours populaire.
Mais je ne donnerais jamais le moindre sou au Secours Populaire, je ne signerais jamais une pétition de la CGT, même si je suis entièrement d’accord avec ce qu’elle dit (car mon syndicat préféré s’appelle Solidarnosc), et aussi par solidarité avec une amie de mes parents et qui était à chaque élection obligé de signer l’appel de Georges Marchais, à la demande de ses cadres, car sinon son emploi dans sa clinique mutualiste était menacé. Et jamais je ne voterais pour un parti qui s’est allié à un parti totalitaire et qui ne l’a jamais regretté. Ou dont certains dirigeants expriment avec fierté leur passé d’ancien Mao.
Je préfère penser à toutes les petites Anne Franck, qu’elle soit hollandaise en 1944, ou roumaine dans les années 1980, ou nord-coréenne aujourd’hui.
Si c’est cela être anti communiste primaire je l’assume.

Désolé mon Père d’avoir plombé la gentille ambiance tout le monde il es t beau et généreux.

Jean de Monléon

alain a dit…

Bonjour mon père,
Je connais le site de Yann et je vous propose de venir lire le mien,http://dialogues.canalblog.com, comme je me propose de visiter régulièrement le votre.
Fraternellemnt
Alain

Anonyme a dit…

Le communisme c'est une tentative de voie laïque du Bien... qui n'a pas marché. Et la déception a été proportionnelle à l'espoir...

Mais beaucoup de gens qui ont rêvé du communisme auraient été de ceux qui ont suivi un certain galliléen d'il y a 2000 ans... celui-là même qui renversa les tables des marchands du Temple et promis le paradis aux pauvres.

Alors je dirais un truc : non pas "christianisme et communisme" mais "renouveau du christianisme, et l'après-communisme". Plus que jamais, les artisans de paix, les assoiffés de justice etc doivent s'unir pour donner un sens à un monde qui s'est prosterné devant l'Argent!!!

N'oublions jamais que dans la gallerie des "fondateurs du socialisme" à Moscou, il y avait la statue de Saint Thomas More... "en toute nation, ceux qui craignent le Seigneur et pratiquent la Justice sont agréables à Dieu".

cordialement,
Florent

Hervé a dit…

L'oncle de ma femme a 85 ans, il est et reste communiste car ça a été une grande cause dans sa jeunesse (guerre d'Espagne,maquis ..) et une réaction par rapport à sa famille (réaction type "tuer le père"?).
Je l'ai rencontré pour la premiere fois il y a un an, vivant très simplement dans une petite maison dépouillée; j'ai rencontré un homme profondément spirituel.
Dans sa chambre, l'urne des cendres de sa défunte femme et un grand crucifix.