vendredi 16 février 2007

Comment aimer ses ennemis en se faisant du bien.

L'autre jour, à la session du CERAS (décidément ça m'a marqué), Gilles Vermot-Desroche, qui s'occuppe d'introduire de la diversité chez Schneider, a eu une phrase qui a fait tilt : "Inutile d'attendre d'une entreprise qu'elle fasse de la philanthropie ; si on veut la convaincre de quelque chose, le seul moyen c'est de lui montrer qu'elle va y trouver son intérêt".

J'étendrais volontiers le raisonnement à notre vie de tous les jours : il est vain de persuader qui que ce soit qu'il faut agir par devoir ; le seul moyen, c'est de lui montrer quel intérêt il peut trouver à agir ainsi.

Utilitariste, me direz-vous ? C'est pourtant le sens de la prédication de Jésus : les Béatitudes commencent toutes par le mot "Heureux", d'où j'en déduis qu'elles sont une quête de bonheur... Et que tous les conseils que Jésus donne ont pour objectif de trouver ce bonheur.

Oui mais voilà. Quand il dit d'aimer ses ennemis, de tendre la joue gauche, et de donner tous vos vêtements à celui qui vole votre tunique : allez expliquer aux gens que c'est là qu'ils trouveront leur intérêt.

Comment aimer ses ennemis en se faisant du bien ? C'est peut-être bien la clé du bonheur. Aimer ses ennemis, c'est leur pardonner ; c'est sortir de la petite prison personnelle dans laquelle nous nous trouvons quand nous détestons quelqu'un.

Ne pas oublier non plus que Jésus n'a pas tout pardonné, et qu'il n'a pas tendu la joue. Il a dit "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font" ; et il a dit "Pourquoi me frappes-tu ?". Dans un cas, il a demandé à Dieu de pardonner ce qu'il ne pouvait pas faire de lui-même - le pardon, ça peut être trop facile si on est vraiment sincère ; ouvrant ainsi une porte pour celui qui ne trouverait pas la sortie de sa prison. Dans l'autre, il rappelle que sa loi est d'abord un idéal, qui concerne un Royaume qui n'est pas de ce monde. Et qu'on a toujours intérêt à avoir un idéal si on veut vivre de manière humaine.

1 commentaire:

Jean a dit…

Mon Père,
Je voudrais vous faire part d'un autre point de vue sur la demande du Christ au Père: "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font"
Je pense que cela ne signifie pas que Jésus "a demandé à Dieu de pardonner ce qu'il ne pouvait pas faire de lui-même", mais exactement l'inverse.
C'est justement parce que Jésus a pardonné à ses agresseurs qu'il demande à son Père de ne pas compter leur faute. Ainsi, au quotidien, qu'une jeune femme agressée demande à son père de pardonner à l'assaillant, c'est la preuve qu'elle a elle même pardonnée. Si elle n'avait pas pardonné, elle ne demanderait pas à son père de pardonner mais de la venger.