mercredi 14 novembre 2007

30 octobre - Première journée congolaise



Adieu, monde enchanté des stewards et des hôtesses… Après Roissy livré à l’anarchie des lendemains de grève, voici l’aéroport de Kinshasa : bâtiments à l'allure tintinesque, petit vent frais sur le tarmac, moiteur semi-équatoriale. Le militaire envoyé à ma rencontre par l’abbé Jules me fait obligeamment prendre la file d’attente des diplomates et VIP, ce qui me donne de l'importance mais n'accélère en rien mon passage à la douane : il y a autant de monde qu’à celle des simples touristes.

L’aéroport de Kin n’est plus ce qu’il était : l’indescriptible cohue de mon premier séjour là-bas a fait place à un accueil courtois et organisé. Il fallait la voir pour y croire, cette foule brûlante de jeunes gens qui prétendaient tous vous faire passer plus vite, qui en voulaient à votre bagage, vous aidaient à trouver un taxi, et bien sûr vous délestaient de quelques dollars. Seuls subsistent de cette période les inévitables enfants qui quémandent des sous sur le parking.

La jeep conduite par Jules s’enfonce dans la nuit kinoise. Elle file sur de larges artères que l’on devine gagnées par la végétation. Sur les trottoirs, la foule africaine s’active dans la pénombre : feux de pétroles allumés, musique à tue-tête, petits attroupements devant des magasins aux enseignes énigmatiques. De grands diables dégingandés, des femmes portant sur la tête la traditionnelle bassine débordante de feuilles de manioc, des tireurs de brouettes chargées d'invraisemblables fardeaux traversent nonchalamment les boulevards. Et puis, petit à petit, les rues se font étroites, la chaussée se dégrade (le mot est faible : quand elle n’est pas recouverte d’immondices, ce sont d’énormes nids-de-poules qu’il faut éviter sous peine de se retrouver les quatre roues en l’air). Nous arrivons à la paroisse de la Sainte-Trinité, où nous sommes attendus pour la nuit.

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