vendredi 13 mars 2009

Le génie de la com'.



Le tintamarre commençait à s'apaiser, on passait à autre chose -l'horrible histoire de cet évêque brésilien qui excommunie une petite fille - et voilà : le débat sur les excommunications, celles du mois dernier, est relancé sur La Croix par la lettre que le pape vient d'écrire aux évêques.

Bonne lecture pour la saison II du Blog Le Vatican et les intégristes.

14 commentaires:

do a dit…

Cette excommunication est automatique pour tout avortement, sauf si la santé de la mère était bel et bien menacée, et là, il est possible que l'évêque soit sorti de ses compétences face aux médecins, s'il n'a pas pris l'avis d'un spécialiste avant. Mais sa santé ne pouvait pas être menacée avant quelques mois, j'imagine...
Le viol, lui, ne légitime pas l'avortement.

Par ailleurs, je suis frappée du parallèle que l'on peut faire entre
le négationnisme sur l'extermination des juifs, que l'on reproche -à tort- à l'Eglise d'accepter,
et le négationnisme sur l'extermination des enfants à naître, même viables, que l'on reproche à l'Eglise de dénoncer!

60 ans après, c'est facile de critiquer les nazis; c'était moins facile en 1940.
Ceux qui crient leur indignation aujourd'hui auraient sûrement parlé moins fort à l'époque.
Mais ce qui est incroyable, c'est qu'aujourd'hui, ce sont les mêmes qui promeuvent l'eugénisme, l'avortement et l'euthanasie, trois valeurs chères aux nazis. Et ils ne voient même pas combien est énorme ce parallèle...

Un jour, j'en suis certaine, il y aura un tribunal de Nuremberg pour juger les promoteurs de l'avortement. Il sera peut-être tenu par les frères et sœurs des enfants exterminés...

Didier Guillion a dit…

J'ai pas mal lu la bible. Désolé, peut être à ma façon.
Ca me rappelle "Les premiers seront les derniers". Ce que j'en ai retenu : "Peu importe ce que l'on peut en penser, c'est moi qui décide et mon jugement est donc légitime."
C'est ma lecture.
J'adore le passage de la lettre : "Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ."
Je pense qu'il reflète le problème actuel : "Nous avons la vérité, vous pas, donc nous avons raison." Mince, la notion de "faux dieux" ça fait plutôt dix huitième siècle non ?
D'un autre coté, tendre la main et pardonner, j'abonde dans ce sens.
Bravo.
Mais pourquoi alors être si catégorique dans d'autres cas, bien plus douloureux et pas dans celui-là.

Cordialement

Tellou a dit…

Le raccourci de Do me laisse sans voix et me choque profondément. Défenseur de l'avortement, eugénisme ou euthanasie = nazis, c'est fort quand même. Quant au tribunal de Nuremberg....:(( Le point de Godwin est atteint. Bravo :(

PP a dit…

Bonjour,
La lettre d'excuses,ça fait très bien, il ne savait pas, notre Saint-Père. Mais pourquoi donc n'a-t-il utilisé son infaillibilité...
Alors peut-on le suivre maintenant en toutes situations ?
J'aimerais savoir.
Merci.

Didier Guillion a dit…

Monsieur Pic,

Excusez moi, je voudrait demander. Comment faites vous ? Je vois les questionnements que vous lancez sur votre blog. Ils sont justes, légitimes, citoyens, humains, humaniste même.
Comment faites vous pour les vivre par rapport à votre sacerdoce?
Je veut dire, désolé si je m'exprime mal, mais même si je suis d'une pensé opposée (par certains cotés, mais sur le fond je suis assez surpris et heureux que l'on se rejoigne), il me semble qu'ils différent d'une orientation qui vous est imposée par votre choix de vie. Peut on critiquer la volonté du Pape ?
Comment pouvez vous vivre cela ?

Cordialement

casilix a dit…

le viol ne légitime pas l'avortement...ça me laisse sans voix! ça signifie que la victime du viol pendant 9 mois va revivre quotidiennement ce viol...Je crois que la victime a le droit de refuser cette torture morale.
Moi aussi pourtant , je suis fondamentalement convaincu que l'avortement est contraire à la vie : il est important de défendre des victimes innocentes qui ne sont pas en mesure de se défendre elles-mêmes. mais dans des cas tels que celui-ci -que l'on retrouve d'ailleurs dans toutes les guerres de la planète- ... choisir entre l'innocence d'une petite fille de 9 ans et d' embryons de quelques semaines...cet évêque brésilien est bien sûr de lui pour trancher ce choix cornélien :-(((

do a dit…

Je suis désolée de choquer certains en disant que le viol ne justifie pas l'avortement.
En fait, c'est parce que RIEN ne devrait justifier un meurtre ni un avortement. (Sauf la sécurité de la mère, bien sûr.)
La peine de mort a été abolie même pour les pires criminels.
Pourquoi devrait-elle être conservée pour les enfants non nés?
La souffrance de la mère est réelle, mais la souffrance des deux enfants ne l'est pas moins.
en fait, c'est parce qu'ils n'ont pas de voix pour crier leur souffrance, qu'on la nie.
Pourtant, la science est formelle, les souffrances du fœtus sont bien réelles, même psychologiquement, et ça laisse des traces évidentes chez la personne adulte.

Pour un croyant, qui croit (pour des raisons précises, pas par fantaisie) que la vie se poursuit au delà de la mort corporelle, c'est d'autant plus une atrocité que de couper une vie quand elle commence.

La souffrance de la mère ne provient pas de la grossesse, elle provient du viol par le beau père, qui a duré plusieurs années! (en passant, en France, on veut étendre les droits des beaux-parents sur les enfants...)
La grossesse est non désirée, bien sûr, mais ces enfants sont des victimes comme leur mère,ils n'ont pas fait de mal à leur mère. Ils sont plus proches de sa souffrance à elle que quiconque. Il est même possible qu'ils soient les seules personnes aptes, un jour, à la comprendre...

Si je me permets de dire cela, c'est parce que j'ai connu une fille, qui à 16 ans avait été violée par 7 types et qui était tombée enceinte. les médecins l'ont influencée pour avorter, elle les a laissé faire, et 10 ans plus tard, quand je l'ai connue, elle ne se plaignait pas du viol, mais de l'avortement qu'on lui avait imposé. Elle ne quittait plus l'hôpital psychiatrique (alors qu'elle avait essayé de refaire sa vie et qu'elle avait une adorable petite fille de 4 ans) et était traitée par des doses énormes de médicaments. Elle avait fait des tentatives de suicide. Et c'est l'avortement, qui la tourmentait, pas le viol.

Les juifs en camps de concentration ont avec ces bébés ceci de commun: ils n'avaient eux non plus pas de voix pour crier leur souffrance.
quelques voix se sont élevées peu à peu, ce qui a permis d'en sauver quelques uns. trop peu!
Et maintenant, on critique ceux qui se sont tus, alors qu'on se tait pour l'extermination suivante.
On se tait toujours trop pendant les exterminations.

do a dit…

@ Tellou
désolée, la conversation avait duré 2 commentaires, donc la référence au point de Godwin n'est pas justifiée...
Mais, en passant, avez vous remarqué que si l'on est discrédité dès que l'on fait remarquer qu'une idée est proche des valeurs des nazis, cela revient en somme, à discréditer toutes les personnes qui essayent de dénoncer des idées nazies!
Le résultat est simple: ce principe ouvre toutes grandes les portes aux prochains nazis. (dont les noms seront certainement déguisés).
c'est bien trouvé, comme système...

Anonyme a dit…

Excommunications au Brésil : Message du président de l’Académie pour la vie : « Ce sont d’autres personnes qui méritent l’excommunication et notre pardon »

un message qui dit la position réelle de l'Eglise sur ce sujet: http://www.zenit.org/article-20461?l=french

David a dit…

et la fête à Ben continue!

Anonyme a dit…

A propos d'excommunication, Jésus a t'il dit " Ceci et mon corps, prenez et mangez en tous" ou " Ceci et mon corps, prenez et mangez en tous...sauf les femmes qui se font avorter, les médecins qui avortent,etc."?
Je n'arrive plus à me rappeler

casilix a dit…

pour répndre à Do, moi, à contrario, j'ai connu des dizaines de cas de femmes séquestrées dans un "camp de repos pour soldats" quelque part en Europe Centrale. Destinées à "purifier la race", elles n'ont eu d'autre choix que de garder le produit de ce viol organisé et planifié...beaucoup se sont suicidés pendant ou après les grossesses. d'autres non. De toutes façons,elles avaient été rejeté de leurs familles et avaient perdu tous droits sur leurs propres enfants.
Bien sûr que l'enfant à naitre n'est pas coupable, et, non, sa souffrance n'est pas forcement niée...simplement, encore une fois, je ne crois pas que nous pouvons juger et décider à la place de la victime si elle supportera ou pas de vivre cette épreuve supplémentaire.
De toutes façons dans ces situations quelque soit la décision prise elle sera extrèmement douloureuse...au même titre qu'un avortement peut dévaster votre conscience vie, un don à l'adoption vous poursuivra toute votre existence. Bien sûr, je pense que c'est la voie privilègiée car elle sauve l'enfant...mais je ne me sens pas le droit de juger une femme qui aura pris une autre décision.

do a dit…

@Casilix
tout à fait d'accord.
quand je dis que le viol ne justifie pas l'avortement, je ne juge personne, je dis juste que le principe à énoncer est celui là:
si on avorte, on tue un enfant, et c'est grave, ...viol ou pas.
Il est bénéfique que l'Eglise dise ce qui est un "bien" ou un "mal". Ensuite, chacun fait ce qu'il peut, et l'Eglise l‘accompagnera.

Ce avec quoi je ne suis pas d'accord, c'est qu'on voudrait faire dire à l'Eglise que ce n'est pas grave si on avorte dans telle ou telle situation, qu'on a eu raison, qu'on n'avait pas le choix.
Comme si des vies étaient moins importantes sous prétexte qu'elles sont handicapées depuis le début. C'est avec ce principe qu'on éradique aujourd'hui les enfants handicapés. Et c'est en construisant sur ce principe que les nazis ont voulu faire une race parfaite. Comme si des vies pouvaient être pesées! Qui a le droit de dire que telle vie vaut plus que telle autre?

2 citations d'un philosophe:
"(p152) Dire qu’il y a un temps [âge] pour mourir
conduit à dire qu’il y a des morts normales et d’autres qui ne le sont pas.
C’est ainsi qu’on débouche sur le nazisme.

(p154) Quand on fait de la mort une affaire de temps, d’époque, qu’on le veuille ou non, on fait de la mort un mérite. Ainsi les vieux méritent de mourir et non les jeunes. On est là dans une logique nazie. On en sort en avançant que personne ne mérite de mourir. Tout le monde est en revanche capable de tout vivre. La vie comme la mort. [comme la souffrance]. Tout homme est capable d’embrasser l’infini, qui comprend tout. Même un enfant. D’où le mystère de leur mort.
Dans le service du pédiatre où des enfants meurent de cancer, les médecins et les infirmières sont stupéfaits de voir combien ceux-ci sont mûrs. (…) On peut avoir trois ans et avoir tout compris de l’infini de la vie."
(LE SILENCE DE DIEU, Bertrand Vergély)

Parfois, avorter est le choix juste : si la mère va mourir, surtout si l’enfant est de toute façon condamné avec elle.
Quand ça se joue sur "choisir entre l’enfant et la mère", les médecins choisissent la mère. Je pense que l’Eglise aussi.
Mais parfois on dit qu’il faut avorter, qu’on n’a pas le choix, alors que ce n’est pas vrai.
Par exemple, en France , la plupart des étudiantes avortent pour préserver leurs études: on leur dit, au Planning Familial, qu'elles ne peuvent pas garder cet enfant: c'est faux! Elles peuvent; mais d'accord, le choix est rude. N'empêche que si on avorte pour finir ses études, on fait passer l'argent avant son enfant, et ce n’est pas juste. Si on a manqué de sécurité, on fera sans doute ce choix. mais ce n'est pas un choix bon. C'est ce qu'on peut faire de mieux pour le moment, mais ce n'est pas un bien. Et de le nier enfonce les personnes dans le mensonge, le déni, la culpabilité sans issue.
Il ne s'agit absolument pas de condamner: "Jésus" ne signifie pas "Dieu Condamne", mais "Dieu sauve".
Mais il s'agit de dire à la personne par où elle est sortie du chemin, pour qu'elle puisse y revenir. Par la confession, mais aussi, pour les non chrétiens, par des démarches de deuil ou autres, qui maintenant sont proposées par les hôpitaux pour certaines fausses couches car ils en ont vu la nécessité.
Il est nécessaire que quelqu'un reste debout à dire ce qui est vrai et ce qui est faux, ce qui est bien ou mal, pas pour culpabiliser les gens, mais pour que au delà de leurs actes, leur conscience intime ne se pervertisse pas.

Comme un enfant victime de pédophilie: si quelqu'un est là pour lui dire que ce n'était pas bien, que celui qui a fait ça avait tort, qu'il mérite d'être puni, et que la répulsion que l'enfant ressentait était justifiée, je crois que cela peut éviter à cet enfant de devenir lui même un pédophile plus tard.
Mais si on essaye de dédramatiser, on ne lui rend pas service. C'est confortable sur le moment, mais il en fera les frais.
On guérit certaines maladies mentales en remettant les repères en place.
C'est l'un des rôles de l'Eglise que de maintenir certains repères. Le Pape a cette responsabilité ; forcément, il déplait aux populations qui ont massivement dévié... mais il les aime!

Annie a dit…

"Mais sa santé ne pouvait pas être menacée avant quelques mois, j'imagine..."

En effet, je doute que le corps de cette enfant (9 ans) aurait pu supporter la grossesse jusqu'à terme, et à plus forte raison l'accouchement. Aurait-il fallu attendre les risques effectifs du à son corps inapte à mener à bout l'enfantement pour enfin lui permettre d'avorter, ce qui aurait risqué la vie à la fois de l'enfant et de la mère ?

Une autre chose, le planning ne dit pas "vous ne pouvez pas garder cet enfant" (alias : "il faut avorter"), mais "vous pouvez ne pas le garder" (alias, "à vous de choisir"), mais le planning dit également : "nous vous aiderons et vous accompagnerons également si vous choisissez de le garder". Tout dépend de la personne qui accueille, mais il est compréhensible qu'une jeune fille se tourne vers le planning plutôt que vers un secours religieux, par peur du jugement, ce que je trouve plutôt triste mais compréhensible.