jeudi 12 mars 2009

A tous ceux qui en ont marre.


Aujourd'hui ce n'est pas moi qui parle ; je laisse la parole à un prêtre du Brésil (mon pays natal), qui, dimanche dernier à l'homélie, a préféré aborder un sujet d'actualité plutôt que de commenter l'Évangile de la Transfiguration.

Faut-il quitter l'Église ?
C'est au contraire le moment de s'y accrocher, mais de parler sans langue de bois, et surtout, de lire l'Évangile chaque jour, de le vivre. C'est ce qu'a fait Saint François d'Assise dans un moment encore pire...
Quand je vois ce que produit le mouvement qui a consisté à se couper de l'Église et à fonder d'autres Églises pour "réformer", cela me garde de la tentation quand elle se fait forte. Je suis chaque jour plus effaré de ce qui se passe dans les Églises "Évangéliques", et, lisant les Actes tous les soirs dans les communautés, je ne vois pas comment nous pourrons vivre du Christ, le signifier, en se coupant de son corps.
Mais oui, chaque jour j'ai un peu plus mal et ce que je vois ici m'inquiète profondément...
Ce peut être l'occasion de claquer la porte, ou de s'attacher au Christ vraiment, de méditer sur son choix fou de s'en remettre à des hommes limités, qui n'ont pas arrêté de le trahir, le renier, lutter pour savoir qui serait le plus grand alors qu'il annonçait la Croix, de vouloir éloigner ceux qui dérangeaient".


Ce billet est dédié à tous ceux que je rencontre, comme Christophe, Christelle, Emmanuel -pour ceux que j'ai vu récemment - et qui sont exposés par leur engagement de chrétiens à la critique de ceux qui s'indignent de l'attitude des hommes d'Eglise dans une ou deux affaires récentes.

PS : entendu cet après-midi, dans la bouche d'une veille dame : "La barque de saint-Pierre avance à coups de gaffe"

13 commentaires:

Marc a dit…

Entièrement d'accord !

Vivre de l'évangile chaque jour, laisser la Parole de Dieu nous façonner et ne pas abandonner, l'Église est une barque qui connaît les remous de la tempête, mais le fond est bien solide.

Allez moussaillons !!!

Tellou a dit…

Mais l'on a souvent l'impression que s'accrocher à notre Eglise, faire preuve de miséricorde, veut dire in fine: se taire. Or je crois qu'il faut aussi montrer que des fois, tout en étant attaché à l'Eglise et à ses valeurs, nous pouvons aussi "l'ouvrir" et dire "non". Ce n'est pas du prémice de schisme, c'est de la "disputatio" constructive..enfin, espérons...

Anonyme a dit…

Oui il faut pouvoir dire que notre église est une église d'amour de compassion et pas de condamnation permanente.
Et il faut aussi pouvoir le prouver!
Le Vatican va-t-il lévé les excommuniquations prononcées par l'Evêque Brésilien devant la réprobation des fidèles?
Il faudrait aussi que parfois nous soyons entendu par la hiérarchie. H. KUNG disait il y a 30 ans aller dire ce qui ne va pas à votre curé. Vous serez entendus. Malheureusement jusqu'à ce jour il s'est lourdement trompé.
En maniant la gaffe dans le movais sens on fait parfois couler le bateau!
J.C.C

do a dit…

juste un avis:

Est-ce que l'Eglise a un jour cessé de déranger et de se faire critiquer par ceux qu'elle dérangeait?
Si oui, soit le monde était devenu saint, soit elle avait oublié de parler...

Mais il ne faut pas trop vite classer son silence et ses lâchetés au rang des pires atrocités de l'humanité!
Le chrétien un peu lâche, un peu faible, voire un peu déficient, en effet, ne change pas le monde en quelques mois.
Mais dans la mesure où il ne tue pas, ne viole pas, ne vole pas tellement, et s'occupe de sa famille tant bien que mal, il fait déjà beaucoup...
Si tout le monde se contentait de faire seulement cela, on ferait d'énormes économies dans tous les pays (police, armées, services sociaux, reconstruction, entretien, psychiatres et hôpitaux psy...), et on pourrait nourrir la planète entière, et même les riches!

Non, il ne faut pas quitter l'Eglise, il faut "tenir" chacun sa place, comme les soldats de 14-18 dans les tranchées: rien d'exaltant, beaucoup de choses laides ou malheureuses, mais le jour de l'armistice, leurs voix disaient cela: "On a tenu!".

une maman a dit…

Moi, à 19 ans, j'ai avorté, conseillée par des personnes (psy et médecin du planning "dit" familial) et franchement, à partir de ce moment, je ne savais pas que j'étais canoniquement excommuniée, mais intérieurement, tout à fait sans le vouloir, c'est clair que j'avais quitté le giron de l'Eglise:
inconsciemment, j'ai accepté la mort comme une solution acceptable, et je suis devenue d'une dureté de cœur insoupçonnable; puis ont suivi des idées permanentes de suicide, un dégout de la vie, etc..

L'Eglise ne fait que dire tout haut ce qui se passe tout bas en nous, quand elle excommunie; elle ne le décide pas, elle le constate: on se coupe de la Vie même de Dieu en nous, et c'est mieux de le dire que de faire croire que ce n'est rien; au moins, ça laisse un chemin pour revenir, car sans cette vérité, on ne voit même pas qu'on est éloigné, on croit que c'est normal de vivre ce vide, et on ne peut plus espérer quoi que ce soit.

Alors, j'ai passé par toutes les maladies psychiatriques avant de rencontrer des chrétiens sérieux qui m'ont permis, en appelant un chat un chat, de revenir à une vie soutenable. Il aura fallu pour cela un autre deuil -très douloureux- qui m'a permis de comprendre combien la vie est précieuse et fragile.

Il faut arrêter de dire que l'avortement n'est pas grave, ou que si ça vient d'un viol c'est de la compassion!
Pour les enfants, c'est se faire tuer par leur mère et des médecins, les seules personnes qui pourraient les protéger!
Et ce n'est pas parce qu'une mère est dans la détresse qu'on doit tuer ses enfants! sinon, on tue la moitié de nos ados...

On oublie toujours de parler des enfants, comme s'ils n'existaient pas!
pourtant, ils existent, et ils souffrent, ça c'est scientifique, ce n'est pas une croyance passéiste qui le dit!

En quoi l'avortement de jumeaux issus d'un viol effacerait le viol? Le viol reste, et s'augmente d'un avortement, et à la fin, pour la mère, c'est pire, pour toute sa vie. On ne se remet pas d'un viol, on ne se remet pas plus d'un avortement! et malheureusement, je parle d'expérience...
Et ce ne sont pas les bien-penseurs modernes qui nous aident retrouver une espérance après ça, ce sont des chrétiens et des prêtres.

Mère Térésa disait qu'on devrait supprimer l'avortement en proposant l'adoption à la place.
Ce n'est pas irréaliste!
c'est ce qui se passe dans les pays pauvres. c'est une forme de solidarité bien plus belle que le couple avortement-euthanasie des pays riches.

Jérôme a dit…

Vivre l'Evangile est une chose mais comprendre le sens profond de l'Evangile en est une autre. Chaque courant religieux interprête l'Evangile dans le sens qui l'arrange. Méditons les paroles de l'Evangile et imprégnons nous de ces paroles en réfléchissant et non pas en gobant des interprétations plus ou moins hasardeuses qui font le fond de commerces des "nouvelles églises".

Pinpin a dit…

Si tu ne veux pas ne diffuse pas ce texte, je pense néanmoins qu'il complète bien le propos de une maman :

Non, non ! Tu n'as pas de nom !
Non ! Tu n'as pas d'existence,
Tu n'es que ce qu'on en pense !
Non, non ! Tu n'as pas de nom...

Oh ! Non, tu n'es pas un être !
Tu le deviendrais peut-être...
Si je te donnais asile...
Si c'était moins difficile !
S'il me suffisait d'attendre...
De voir mon ventre se tendre...
Si ce n'était pas un piège !
Ou quel douteux sortilège...

Non, non ! Tu n'as pas de nom !
Non ! Tu n'as pas d'existence,
Tu n'es que ce qu'on en pense !
Non, non ! Tu n'as pas de nom...

Savent-ils que ça transforme...
L'esprit autant que la forme ?
Qu'on te porte dans la tête ?
Que jamais ça ne s'arrête !
Tu ne seras pas mon centre !
Que savent-ils de mon ventre ?
Pensent-ils qu'on en dispose ?
Quand je suis tant d'autres choses...

Non, non ! Tu n'as pas de nom !
Non ! Tu n'as pas d'existence,
Tu n'es que ce qu'on en pense !
Non, non ! Tu n'as pas de nom...

Déjà tu me mobilises...
Je sens que je m'amenuise...
Et d'instinct, je te résiste !
Depuis si longtemps j'existe...
Depuis si longtemps je t'aime !
Mais je te veux sans problème !
Aujourd'hui je te refuse !
Qui sont-ils ceux qui m'accusent ?

Non, non ! Tu n'as pas de nom !
Non ! Tu n'as pas d'existence,
Tu n'es que ce qu'on en pense !
Non, non ! Tu n'as pas de nom...

À supposer que tu vives...
Tu n'es rien sans ta captive !
Mais as-tu plus d'importance...
Plus de poids qu'une semence ?
Oh ! ce n'est pas une fête !
C'est plutôt une défaite !
Mais c'est la mienne et j'estime...
Qu'il y a bien deux victimes !

Non, non ! Tu n'as pas de nom !
Non ! Tu n'as pas d'existence,
Tu n'es que ce qu'on en pense !
Non, non ! Tu n'as pas de nom...

Il en ont bien de la chance !
Ceux qui croient que ça se pense !
Ça se hurle !, ça se souffre !
C'est la mort et c'est le gouffre !
C'est la solitude blanche !
C'est la chute !, l'avalanche !
C'est le désert qui s'égrène...
Larme à larme, peine à peine...

Non, non ! Tu n'as pas de nom !
Non ! Tu n'as pas d'existence,
Tu n'es que ce qu'on en pense !
Non, non ! Tu n'as pas de nom...

Quiconque se mettra entre...
Mon existence et mon ventre...
N'aura que mépris ou haine !
Me mettra au rang des chiennes !
C'est une bataille lasse...
Qui me laissera des traces...
Mais de traces je suis faite !
Et de coups et de défaites !

Non, non ! Tu n'as pas de nom !
Non ! Tu n'as pas d'existence,
Tu n'es que ce qu'on en pense !
Non, non ! Tu n'as pas de nom...

Anne sylvestre.

Anonyme a dit…

il n'y a pas que le viol à prendre en compte dans ce cas précis, mais aussi l'âge de l'enfant.
9 ans!
Comment le corps de cette jeune fille aurait-il supporté une grossesse jumélaire?
Selon les médecins, cela représentait un grand risque pour sa vie.

Anonyme a dit…

excusez moi, P. Pic, j'ai commis une erreur dans le commentaire que je viens de faire: après vérification, c'est bien une fillette de 9 ans. J'avais lu dans l'article "la mère d'une fillette de 9 ans enceinte à la suite d'un viol..." et j'avais compris que c'était la mère qui était enceinte. merci de ne pas publier ce commentaire...

Didier Guillion a dit…

Bonsoir,

J'aurait voulu intervenir mais je vient de lire '"une maman a dit...". Alors je ne peut que baisser la tête à réfléchir.

Juste une chose. Je ne suis pas croyant, je ne suis pas chrétien. Mais il me semblait avoir compris que la Compassion et le Pardon était une clef de voûte de la religion.

Comment est ce que cela s'imbrique dans ce cas précis ?

Cordialement

dom de ter a dit…

Je lis en ce moment un opuscule de Pierre Hadot intitulé "Plotin ou la simplicité du regard"... On y trouve quelques citations de ce philosophe dont celle-ci:"les âmes sont comme amphibies.Elles vivent en partie de la vie de là-haut, en partie de la vie d'ici-bas"

comme pour illustrer le fait simultanément de vouloir "quitter" une communauté (ou une association,...)et de ne pas désirer y "oeuvrer" ... ni chaise vide, ni revendication outrancière...

(merci à toi, Emmanuel, pour la parution de l'annonce à Sainte-Chantal)

Anonyme a dit…

Remarquable éditirial de >Mgr FISICHELLA dans l'Observ. Romano
Enfin
Il aurait fallu que le pape lui, même le signe
JCC

Anonyme a dit…

La barque de St Pierre commence à avoir des airs de Titanic,en fait...
"Attention : il y a un énorme iceberg, là devant !"
"Mais non, mais non, ce n'est qu'un petit glaçon de plus... on est sur la banquise : on en a rencontré des tas depuis qu'on est partis... on s'en sortira".
"Mais puisque je vous dis que c'est un énorme iceberg..."
etc. etc.