mercredi 6 décembre 2006

La mort, et après.

Ces deux jours ont eu lieu à Paris la rencontre annuelle de mon petit club de responsables pastoraux de grandes villes. On s'y retrouve entre amis : il y en a que j'ai connus au séminaire, puis à l'aumônerie étudiante, puis à la formation, et maintenant ils sont là. Chaque année, quelques-uns sont happés par l'épiscopat (le dernier en date étant Jean-Yves Nahmias, évêque auxiliaire de Paris, ça fait partie des choses qui donnent confiance dans l'Eglise).

Notre principal dossier portait sur la mort et la manière dont les rites funéraires se transforment en ce moment dans le milieu urbain. Il est loin, le temps où on mourait chez soi, avant de passer par l'église et de finir au cimetière. Les parcours funéraires partent de l'hôpital, vont vers les dépositoires, et se terminent au crématorium, avec pas mal de variantes, le détour par l'église étant désormais bien souvent un détail onéreux et encombrant. Beaucoup de questions se posent, du coup. Que devient la symbolique chrétienne de l'inhumation ? Quelle catéchèse sur la résurrection reste possible ? Les nouveaux parcours funéraires ne font-ils pas bon marché du temps indispensable au travail de deuil ? Est-il normal que des sociétés de Pompes funèbres aient la maîtrise de l'ordonnancement de cérémonies religieuses ? etc, etc.

Pour les amateurs et les gens curieux de savoir comment ça se passe aux USA : allez jeter un oeil sur Six feet under, la série US complètement déjantée qui se passe dans une entreprise familiale de Pompes funèbres.

2 commentaires:

Sophie a dit…

J’ai déjà choisi et je le dis autour de moi, peut être faut-il que je le fasse enregistrer devant notaire : quand je mourrai, je veux que mon corps soit incinéré et que mes cendres soient répandues dans une forêt au pied d’un arbre que j’aurais choisi de mon vivant, qu’elles lui servent d’engrais, que je continue après ma mort à servir la nature.
Je ne veux pas que ma sépulture puisse être vandalisée, mes restes profanés comme ce qui arrive dans de nombreux cimetières chrétiens et juifs en Algérie.

Ce qu’on fera de ma dépouille avant, je m’en fous royalement, je serais morte. Si mon mari et mon fils meurent avant moi, il n’y aura plus personne pour mes obsèques. Alors ?

Emmanuel Pic a dit…

Alors... il faut en effet voir un notaire, ou conclure un contrat obsèques avec une société de pompes funèbres qui sera tenue de respecter ses engagements.
Mais si vous moquez de ce que deviendra votre corps, alors pourquoi vous en préoccuper en prévoyant le rituel de vos obsèques ? Et pourquoi tenir tant à ce que vos dernières volontés (d'ailleurs, sont-ce vraiment les dernières ?) soient respectées ?
D'autre part, n'oubliez pas de démander leur avis à votre mari et à votre fils. Car "s'ils meurent avant vous", en effet ça ne les conerne pas ; mais s'ils sont là pour votre mort, peut-être auront-ils des souhaits différents des vôtres. Je connais beaucoup de familles qui sont blessées par les dernières volontés de leurs défunts.
Bon, c'est mon avis, après, moi, ce que j'en dis...